Voir le sommaire Ne plus voir le sommaire
Le département de la Loire-Atlantique pourrait bientôt accueillir une nouvelle aire de grand passage pour les gens du voyage, dans le cadre du schéma départemental d’accueil adopté pour la période 2026-2031. Ce document officiel, validé le 23 juin par le conseil départemental, prévoit une série d’actions pour mieux encadrer les stationnements des populations itinérantes tout en se conformant aux exigences imposées par l’État.
Un besoin d’ancrage qui va en grandissant
« Environ 10 000 personnes » de la communauté des gens du voyage vivent en résidence mobile dans le département, soit entre « 2 200 et 2 500 ménages ». Et leur mode de vie évolue : un tiers d’entre eux tend aujourd’hui à se sédentariser, selon les chiffres officiels.
Pour répondre à cette réalité, le schéma départemental d’accueil prévoit la création de « trois nouvelles aires de grands passages », notamment pour anticiper les rassemblements saisonniers et limiter les occupations illégales de terrains.
Clisson Sèvre et Maine dans le viseur
Parmi les collectivités concernées, la communauté d’agglomération Clisson Sèvre et Maine se retrouve en première ligne. Actuellement, elle ne dispose que d’une seule aire d’accueil sur son territoire, à Clisson, avec 16 places.
Une seconde, située à Basse-Goulaine (28 places), est accessible via un accord avec une commune voisine. Mais cela reste insuffisant pour accueillir les grands groupes.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsLe nouveau schéma impose donc à cette agglomération de créer une aire de grand passage sur 4 hectares et de prévoir l’aménagement de « huit terrains familiaux locatifs ou logements sociaux ». Un projet d’envergure, mais les élus restent partagés sur sa mise en œuvre.
Un « manque de concertation des élus locaux »
Certains représentants locaux se montrent sceptiques. « Nous n’avons pas eu connaissance de demandes de groupes pour stationner sur le territoire », affirme la collectivité, qui remet en question l’urgence du besoin.
Elle souligne également un manque de compétence en « matière d’élaboration et de modification des documents d’urbanisme », rappelant que seule chaque commune « peut modifier son plan local d’urbanisme (PLU) pour accueillir de tels équipements ».
Jean-Guy Cornu, président de l’intercommunalité, déplore le manque d’implication : « C’est une erreur de croire que toutes les intercommunalités élaborent des PLU intercommunaux. Cela traduit le manque de concertation des élus locaux dans ce schéma. »
« Définir des espaces de logements pour mieux lutter contre les installations illicites ».
Plusieurs maires ont fait part de leurs inquiétudes par rapport aux occupations illégales de terrains. « Nous ne sommes que très peu accompagnés quand nous sommes confrontés à des installations illégales », déplore François Guillot, maire de Gétigné.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursMême son de cloche chez Fabrice Cuchot, maire de Haute-Goulaine : « Quand les caravanes arrivent, on est mis devant le fait accompli. Avec ce schéma, je crains qu’il y ait un appel d’air. »
Mais pour Vincent Magré, ces critiques n’ont pas lieu d’être : « On se trompe de sujet. Il n’est pas question de régularisation de terrains existants. Il s’agit de définir des espaces de logements pour justement mieux lutter contre les installations illicites ».

