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À Angers Loire Métropole, la saturation des aires d’accueil pour les gens du voyage demeure un défi majeur. Estimée à 4 000 personnes, la population de voyageurs vivant ou circulant régulièrement sur le territoire est sujette à un manque de places, alors même que les besoins évoluent vers plus de stabilité. Le vote d’un nouveau schéma départemental d’accueil et d’habitat, le 10 juin 2025, vise à changer la donne. Explications.
« Une volonté d’ancrage » qui se fait de plus en plus ressentir…
Face à une mobilité décroissante et à un besoin d’ancrage de plus en plus prégnante de la part des familles
, les élus de l’agglomération angevine ont décidé d’agir.
Les séjours sont désormais plus longs, notamment pour permettre la scolarisation des enfants ou l’accès à un emploi stable. Cette nouvelle réalité provoque le débordement fréquent des aires disponibles.
À lireCamping-car : les retraités restent les plus grands adeptes de ce mode de transport, « À notre âge, confort avant tout »De nombreux professionnels notent une « sédentarisation » partielle des familles. Le département entend y répondre en doublant les terrains familiaux locatifs sur le territoire.
« Les gens du voyage sont extrêmement mobiles, mais ils ont des ancrages territoriaux forts. La majorité de ceux qui circulent dans le Maine-et-Loire sont nés dans le département. Ils circulent sur les différentes aires d’accueil de l’agglomération angevine », analyse Samuel Delépine, enseignant-chercheur.
Le plan voté, élaboré par le Département du Maine-et-Loire avec l’État, couvre la période 2025-2031. Il prévoit plusieurs aménagements majeurs pour accompagner cette évolution.
Deux projets phares : Beaucouzé et Loire-Authion
Le premier projet concerne la création d’un nouveau terrain à Beaucouzé pour les familles sédentarisées, dans la zone Gustave Eiffel.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Ce site sera doté de 12 emplacements pensés pour des séjours longue durée, incluant sanitaires, cuisines, végétalisation, aire de jeux pour les enfants, boulodrome et espace pour véhicule social.
Le projet, à vocation écologique, intègre également un bassin de rétention, la récupération des eaux de pluie et des panneaux solaires. Coût estimé : 1,45 million d’euros.
Deuxième projet : une aire estivale à Loire-Authion, pour « accueillir jusqu’à 50 caravanes » durant « la belle saison ». Cette commune fait souvent face à des stationnements sauvages.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsLa mise à disposition gratuite d’un terrain par la municipalité vise notamment à « anticiper ces arrivées ». Si cette phase d’expérimentation s’avère concluante, un aménagement pérenne pourrait suivre.
Un accompagnement social renforcé
Le nouveau schéma ne se limite pas aux infrastructures : un accompagnement global se trouve aussi à l’ordre du jour, allant de la scolarisation à l’accès à la santé, en passant par l’emploi, la culture ou encore le numérique.
Une réponse plus complète aux défis d’intégration et de respect de ces populations habituellement mal comprises.
Des témoignages qui en disent long
La précarité des conditions d’accueil sur certains sites, comme celui de la Baumette, est dénoncée : poussière en été, boue en hiver, peu d’ombre ni d’infrastructures. Pourtant, la communauté reste présente et organisée.
« On reste là 15 jours, après une autre mission prend la place », expliquent Levy, Brad et Alain, trois diacres tziganes évangéliques. Ils témoignent : « Les missions se poursuivent jusqu’au 24 août. »
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursEt de rappeler : « On est civilisés ». Une phrase qui résonne, tant elle illustre le besoin de respect et de reconnaissance d’une communauté trop souvent « ignorée ».

