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À Cuges-les-Pins, l’arrivée de 140 caravanes de la communauté des gens du voyage fait monter la tension : une réunion publique dégénère. Retour sur une matinée agitée.
Gens du voyage : une arrivée massive qui secoue la commune de Cuges-les-Pins
Depuis le 16 juin dernier, la petite commune de Cuges-les-Pins, dans les Bouches-du-Rhône, a vu surgir près de 350 individus de la communauté évangélique des gens du voyage.
Elles se sont installées avec 140 caravanes et 200 véhicules sur un terrain privé inutilisé, situé non loin de la déchetterie municipale.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Cette occupation massive, en l’absence d’une aire d’accueil légale disponible, a fait réagir en masse les habitants, contraignant même la mairie à organiser une réunion publique. Le village de Cuges-les-Pins compte quelque 5 600 âmes en tout.
Une réunion publique très tendue à la salle des Arcades
Ils n’étaient qu’une vingtaine de riverains, le samedi 21 juin matin, à répondre présent à la réunion tenue à la salle des Arcades. « Le thème de la rencontre ?, annonçait le communiqué publié sur les réseaux sociaux, les « gens du voyage ».
Prévue pour aborder la cohabitation avec les travailleurs itinérants, la rencontre s’est vite transformée en un affrontement verbal marqué par des propos virulents et une forte inquiétude des riverains, notamment vis-à-vis de leur sécurité.
Certains habitants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une occupation illégale du domaine privé et ont en profité pour faire part de leur colère face au manque d’anticipation de la commune.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsLes craintes portaient surtout sur la gestion des déchets, les nuisances sonores et la tranquillité publique comme soulignées à plusieurs reprises. Des propos polémiques ont également été prononcés, dont certains ont transformé la réunion en une véritable tribune contre les gens du voyage : « Il faut arrêter de les faire travailler » !
De nombreuses familles concernées vivent de métiers saisonniers, d’activités religieuses ou commerciales, et sont souvent en déplacement.
Une crise révélatrice d’un vide réglementaire
Le maire de Cuges-les-Pins a rappelé que la commune ne dispose pas d’aire d’accueil réglementaire, pourtant obligatoire selon la loi SRU pour les villes de plus de 5 000 habitants.
Ce manque d’infrastructure empêche toute régulation rapide de ce type d’installation et met la municipalité dans une impasse administrative.
Une situation qui se répète ailleurs dans les Bouches-du-Rhône
Cette situation n’est pas sans rappeler autres événements récents dans le département, notamment à Marseille ou à La Penne-sur-Huveaune, où des groupes similaires ont été contraints d’occuper illégalement des terrains non prévus à cet effet, faute de solutions alternatives.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursPartout, le même problème revient : un décalage entre les obligations légales et les moyens mis en œuvre pour y répondre.
« Si on est là c’est qu’on n’a pas d’autre choix, la Métropole ne respecte pas la construction obligatoire d’aires d’accueil. Comment on est censés faire ?« , confie l’un des responsables de la communauté originaire de Valence.

