Gens du voyage : un agriculteur excédé par les installations illicites répétées sur ses parcelles

Installations illégales sur des champs à Chinon : l’agriculteur dénonce des pertes de milliers d’euros.

Analyse IAavec
Voir le sommaire Ne plus voir le sommaire

À Chinon, un agriculteur est à bout. Depuis neuf années consécutives, il voit ses parcelles régulièrement occupées de façon illégale par des groupes de gens du voyage. La dernière installation en date, survenue durant le week-end de Pâques 2025, a une nouvelle fois, remué le couteau dans la plaie.

Des occupations illégales qui ruinent son exploitation

Ce n’est pas la première fois que des caravanes stationnent illégalement sur ses champs. Situées route de Richelieu, ses terres agricoles font continuellement l’objet d’occupations sauvages.

« C’est la neuvième année que mon exploitation rencontre ces stationnements sauvages », confie-t-il d’ailleurs auprès de La Nouvelle République.

À lireCamping-car : les retraités restent les plus grands adeptes de ce mode de transport, « À notre âge, confort avant tout »

Cette récurrence a une conséquence économique directe sur son exploitation. L’agriculteur chiffre les pertes à plusieurs milliers d’euros.

En 2018, il a dû assumer 8 000 € de pertes liées aux semis de 4 hectares de prairies, et 6 000 € supplémentaires pour replanter des jachères endommagées sur 2 hectares.

Ces occupations nuisent également au respect des normes imposées par la Politique Agricole Commune (PAC). En particulier, déplore la victime, les jachères censées conserver un couvert végétal intact, condition nécessaire pour obtenir certaines aides européennes.

À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?

« Le passage régulier des véhicules et des caravanes » des gens du voyage met son exploitation en « porte-à-faux » vis-à-vis des autorités agricoles.

Une procédure d’expulsion longue et complexe

Mais ce qui lui pousse véritablement à l’exaspération, c’est la lenteur des procédures d’expulsion. Malgré ses multiples alertes à la mairie, à la gendarmerie, et même à la préfecture, les résultats sont très limités.

Il affirme même avoir sollicité le ministère de l’Intérieur en 2024… Toujours pas l’effet escompté jusqu’à présent.

Depuis 2020, « dix arrêtés d’expulsion » ont été pris concernant ses champs. Pourtant, les délais de traitement restent longs et les installations se répètent, presque chaque année.

À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents

Pourquoi au fait ces expulsions prennent-elles autant de temps ? La préfecture explique que « l’évacuation forcée » ne peut être décidée qu’en cas de « caractérisation d’un trouble à l’ordre public ».

Il revient donc au propriétaire de démontrer ce trouble avant qu’une procédure ne soit lancée. « Il faut apporter des éléments au préfet(…) Cela demande du temps, il faut respecter la procédure à la lettre », confirme Jérôme Letellier, directeur de la sécurité publique de Chinon Vienne et Loire.

Selon son responsable, rapporte La Nouvelle République, la police municipale traite une dizaine de cas identique par an, mais toujours dans un cadre administratif très encadré.

Les gens du voyage invoquent un manque d’alternatives

De leur côté, les gens du voyage reconnaissent occuper les lieux, mais expliquent leur présence par l’absence de place dans les aires aménagées et l’impossibilité de stationner dans l’aire de grand passage locale, leur convoi étant jugé trop petit.

À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageurs

Ils racontent n’avoir reçu aucune visite du propriétaire et se disent prêts « à payer un dédommagement » s’il le faut. Un membre de la communauté a fait savoir leur départ imminent pour l’Alsace, où doivent se tenir de grands rassemblements estivaux.

« On comprend que cela ne plaise pas, que cela gène, admet la voyageuse, mais on n’a pas le choix ».


Partagez cet article maintenant !