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À Machecoul-Saint-Même (Loire-Atlantique), une partie de la communauté des Gens du voyage a entamé la construction sans permis d’une Église évangélique sur un terrain privé. Alertés début mai par un tracteur en train de creuser, des riverains ont découvert avec stupéfaction ce projet illégal dans une zone classée 2AU, réservée à un futur développement urbain mais non ouverte à l’urbanisme. Immédiatement, la mairie a dépêché la police municipale pour suspendre les travaux, confirmant qu’aucune autorisation préfectorale n’avait été accordée.
Un chantier interrompu faute d’autorisation
La famille Fleury, « à l’origine du projet», sédentarisée de longue date à Machecoul-Saint-Même, souhaitait installer un lieu de culte sans autorisation pour éviter de fréquents déplacements.
« Nous devons aller trois fois par semaine à Saint-Nazaire, Couëron ou Basse-Goulaine et faire en moyenne 330 km. Nous ne sommes pas riches et ces déplacements sont fatigants », justifie Steven Fleury, l’un des porteurs du projet d’église évangélique, auprès du Courrier du Pays de Retz.
Or, selon le maire Laurent Robin (DVC), tout projet de ce genre est encadrée par le Plan local d’urbanisme (PLU).
À lireCamping-car : les retraités restent les plus grands adeptes de ce mode de transport, « À notre âge, confort avant tout »« Nous leur avons signifié qu’un tel dossier est soumis à un avis de la préfecture« , explique l’élu au Figaro. Sans cet accord, le chantier est forcément illégal et ne peut se poursuivre.
Tensions et témoignages
Ce projet des gens du voyage est très mal vu du voisinage de la zone en chantier. Thierry Maugendre, propriétaire d’un centre de soins pour chevaux, raconte au Figaro :
« Quand nous avons vu les travaux, mon épouse et moi sommes allés nous interposer physiquement. Il était hors de question de laisser faire ce passage en force ».
Le physiothérapeute animalier craint la « défiguration » de cette zone naturelle protégée et l’impact sur son activité : «L’église disposerait de 150 places assises. Avec trois messes hebdomadaires, plus les mariages ou baptêmes, on risquerait de connaître un nombre important d’allées et venues alors qu’il n’existe pas le moindre parking à proximité».
« C’est un endroit calme, de bien-être et de repos, les voitures ne font pas bon ménage avec les chevaux. Je vais perdre la confiance des clients qui me confient leur animal et je vais perdre tout ce que j’ai investi », s’inquiète-t-il.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Thierry Maugendre estime avoir déjà déboursé 150 000 € depuis. Il se soucie de l’installation des huit Algeco utilisés comme locaux provisoires.
Défense de la communauté évangélique
De leur côté, les membres de la communauté évangélique et propriétaires du terrain, affirment avoir effectué les démarches auprès de la préfecture de Loire-Atlantique depuis plus de huit mois, sans retour.
« Nous voulons faire les choses dans les règles et les normes », insiste Steven Fleury. Son père Tieno rappelle que leur famille vit dans la commune depuis plus de soixante ans sans jamais poser problème.
« Une Église démontable de 120 m2 »
« L’idée est d’avoir un bâtiment modulable et démontable de 120 m2 qui ne fera pas plus de 3 m de hauteur » afin que, trois fois par semaine, une cinquantaine de fidèles (jusqu’à 200 lors des grandes fêtes) puissent se réunir.
« Notre religion est reconnue par la France », indique Logan Fleury, diacre officiel de la mission Vie et Lumière.
« Nous voulons juste avoir les mêmes droits que tout le monde », précise, à son tour, Steven Fleury.
Machecoul-Saint-Même reste en attente d’une décision préfectorale pour savoir si le chantier pourra reprendre
« Il est hors de question de faire quoi que ce soit tant que cela n’est pas convenu », avertit Laurent Robin. Ce dernier confie par ailleurs ne pas être hostile à l’installation d’un lieu de culte, mais qu’il doit « concilier la demande légitime » de la Famille Fleury avec les règles d’urbanisme.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsEn l’absence d’avis de la Préfecture, le maire de Machecoul-Saint-Même a donc ordonné l’arrêt immédiat des travaux suspendus.
Si la préfecture venait à valider le projet, la zone concernée resterait inadaptée, car classée en zone naturelle dans le futur PLU (applicable dès 2026). Il faudrait donc un autre terrain pour accueillir l’église.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursLes Fleury envisagent déjà (si besoin est) de louer un espace en zone urbaine ou de solliciter une parcelle publique. En attendant, ils continuent de payer un hivernage pour leurs modulaires, espérant une réponse définitive.

