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À Vigneux-de-Bretagne, une famille de la communauté gens du voyage est menacée d’expulsion de son propre terrain ! Un arrêté municipal empêche l’installation de ses caravanes sur les lieux.
Près de Nantes : une famille de gens du voyage interdite de vivre sur son terrain
À Vigneux-de-Bretagne, une commune de Loire-Atlantique située à une vingtaine de kilomètres de Nantes, une famille de gens du voyage est menacée d’expulsion sur ses propres terres.
En cause : un arrêté municipal interdisant le stationnement de caravanes sur l’ensemble du territoire communal, y compris sur les terrains privés en zone agricole.
Anthony, membre de la communauté visée, explique : « Nous sommes propriétaires d’un terrain dont on ne peut plus profiter(…) Ça faisait pratiquement neuf ans qu’on était dessus, on avait des Algeco au-dessus et on avait fait un habitat léger, cadastré par un géomètre du trésor public », raconte ce chef de famille auprès de France 3 Pays de la Loire.
À lireCamping-car : les retraités restent les plus grands adeptes de ce mode de transport, « À notre âge, confort avant tout »Mais la mairie « nous a déclassé le terrain le temps que nous sommes dans le voyage l’été, et nous l’ont mis en agricole ». Résultat : on n’a plus le droit d’y vivre.
La famille, composée de quatre enfants, se retrouve aujourd’hui dans une situation instable. « Mon avant-dernière est en CM2, elle était attachée à l’école et au lieu ». Elle a perdu ses repères. « On avait 80 m², chacun sa chambre », témoigne Adeline, la mère.
Un arrêté généraliste… mais ciblé ?
L’arrêté municipal de juillet 2024 empêche toute forme de stationnement de résidences mobiles sur la commune : caravanes, camping-cars, yourtes, tentes.
Maître Pierre Huret, avocat de l’Association départementale Gens du voyage – Citoyens de Loire-Atlantique (ADGVC 44), dénonce l’absurdité de la mesure :
« Tout citoyen de Vigneux-de-Bretagne ne peut pas stationner une caravane sur le terrain dont il est propriétaire « , déplore maître Pierre Huret. Pour lui, cet arrêté, c’est du jamais vu.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Ce texte fait suite à un premier arrêté explicitement dirigé contre les gens du voyage, finalement retiré après l’intervention de la députée LFI Ségolène Amiot.
Ils ont juste remplacé les mots “gens du voyage” par “habitat mobile”. C’est une manière déguisée de viser les mêmes personnes. Une situation que la députée juge inacceptable.
Elle avait d’ailleurs été présente lors du dépôt du référé-suspension le 24 avril 2025 devant le tribunal administratif de Nantes.
La mairie invoque la légalité du PLUi
Gwënola Franco, maire de Vigneux-de-Bretagne, réfute toute discrimination. Pour elle, il s’agit uniquement de faire appliquer le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), qui interdit les résidences mobiles dans les zones agricoles et naturelles :
« On est sur le cas de personnes qui ont acheté de la terre agricole(… On ne peut qu’y faire une activité agricole et rien d’autre(…) Les personnes ont acheté en connaissance de cause », rajoute-t-elle.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsElle ajoute : « Mes agissements sont exactement les mêmes pour tout le monde. Il n’y a aucune systématisation, ni discrimination, ni harcèlement. Je suis là pour faire appliquer la loi à tous mes concitoyens, quels qu’ils soient ».
Une solution trop rigide ?
Pour Christophe Sauvé, secrétaire général de l’ADGVC 44, la mairie se cache derrière la réglementation pour éviter de proposer de vraies solutions d’intégration :
En interdisant ce type d’habitat, « elle s’est attaquée à tous ses habitants », pas seulement les gens du voyage. « Alors il faut qu’on se pose la question du vivre ensemble sur cette commune ».
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursIl critique également le manque d’initiative des communes dans la mise en place d’aires d’accueil adaptées, bien que le schéma départemental 2025-2031 soit en cours de concertation.

