Gens du voyage : un terrain privé investi par 350 caravanes face au garage Autocam

Gens du voyage à Saint-Aubin : une vaste installation illégale sur un terrain privé près de la RD143.

Analyse IAavec
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Depuis dimanche dernier, un campement composé de 350 caravanes de gens du voyage s’est installé sur un terrain privé situé face au garage Autocam, à Saint-Aubin. Invisible depuis la route départementale 143, entre Airon-Notre-Dame et Villiers, cette installation impressionnante suscite l’interrogation des riverains.

Des gens du voyage occupent une parcelle privée face au garage Autocam

Les occupants sont censés quitter les lieux le 10 août, après une halte de près de deux semaines. En l’absence d’une aire d’accueil dans la commune, ces familles itinérantes ont choisi d’investir un terrain privé, une pratique désormais fréquente, notamment en période estivale.

Dimanche dernier, un important convoi de gens du voyage s’est installé sur une parcelle privée située face au garage Autocam, à Saint-Aubin, sur la route départementale 143. Environ 350 caravanes occupent illicitement ce terrain privé.

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Si le terme d’occupation illégale est souvent évoqué, les représentants des gens du voyage dénoncent, eux, un manque d’infrastructures adaptées.

« Nous sommes, nous aussi, désespérés par cette situation », a déclaré James Lemière, délégué de l’association AGP Asnit. « Si les gens du voyage s’installent dans l’illégalité, c’est par cas de force majeure. »

Ce que dit la loi : la Besson II

Or selon la loi Besson II du 5 juillet 2000, les communes de plus de 5 000 habitants ont l’obligation de mettre à disposition des aires d’accueil adaptées, ouvertes toute l’année, équipées de sanitaires et accessibles aux gens du voyage.

En l’absence de telles structures, ceux-ci n’ont d’autre choix que de chercher des terrains privés disponibles, même sans l’accord des propriétaires.

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L’installation face au garage Autocam ne pourrait faire l’objet d’une procédure d’expulsion que si une plainte est déposée par le propriétaire ou la mairie.

Une circulaire aux préfets contre les « occupations illicites »

Face à la multiplication des installations illégales, le ministère de l’Intérieur a récemment transmis une circulaire aux préfets leur demandant d’anticiper et prévenir les occupations illicites, en nommant des médiateurs départementaux et en renforçant les procédures d’évacuation forcée.

« L’expérience des années précédentes montre qu’une médiation bien lancée avant même le recours aux forces de sécurité aux évacuations forcées réussit », a souligné le préfet Philip Alloncle, désigné président d’un groupe de travail sur l’accueil des gens du voyage.

Par ailleurs, 22 propositions sont à l’étude pour durcir les conditions d’accueil et responsabiliser à la fois les élus locaux et les occupants. Parmi elles, l’augmentation des amendes, le renforcement des pouvoirs des préfets et la création de terrains d’appoint en cas de saturation.

« Que les installations soient anticipées pour être organisées »

Malgré les tensions, certains exemples prouvent qu’une cohabitation respectueuse est possible, à condition que chacun respecte ses engagements.

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« Ce que nous voulons, c’est que les installations soient naturellement anticipées le plus tôt possible pour être organisées et que les choses se passent bien pour tout le monde », assure François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l’Intérieur.

Mais tant que la loi Besson II ne sera pas pleinement appliquée, ces situations continueront de se répéter chaque été, avec leurs lots de tensions.


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