Loire-Atlantique : Près de 300 caravanes des gens du voyage ont pris place illégalement sur des terrains privés et publics de cette commune

300 caravanes des gens du voyage installées sans autorisation à Guérande malgré les dispositifs de sécurité.

Analyse IAavec
Voir le sommaire Ne plus voir le sommaire

Le dimanche 6 juillet 2025, un convoi de près de 300 caravanes des gens du voyage a investi illégalement plusieurs terrains publics et privés à Guérande, en Loire-Atlantique, malgré la disponibilité d’aires de grand passage dans le département. Une opération organisée avec méthode, digne d’un film commando.

Les gens du voyage forcent un terrain à Guérande

L’installation n’a rien d’improvisé. Comme l’a expliqué le maire de Guérande, Nicolas Criaud, sur Facebook : « cette occupation s’est faite de manière organisée ».

D’après la gendarmerie, un groupe en éclaireur est intervenu la veille pour déplacer les blocs de béton censés protéger l’entrée du terrain agricole visé. Alertée, la mairie a aussitôt fait placer une benne de chantier à l’emplacement. Mais rien n’y a fait.

À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?

« Grâce à notre vigilance et réactivité, ces blocs ont été remplacés immédiatement par une benne… déplacée il y a quelques heures par une cinquantaine de personnes à l’aide de cordes », a indiqué le maire.

C’est ainsi que le convoi, bien renseigné et préparé, a pu accéder au champ privé d’un agriculteur. Une partie des caravanes s’est également installée sur un ancien terrain public de la commune, à proximité de la D774, route du Pouliguen.

Pour Nicolas Criaud, « cet attroupement massif est inacceptable, d’autant plus que des aires de grand passage sont disponibles dans d’autres secteurs du département. »

À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents

Le premier édile guérandais d’admettre que « cette situation met une nouvelle fois les élus et les forces de l’ordre devant le fait accompli. »

Des « tentatives d’intrusion » avortées

Le maire rappelle que la commune a déjà « réussi (à deux reprises récemment) à bloquer des tentatives d’intrusion de groupes plus petits ». Tentatives qu’il avait pu déjouer avec les services de police municipale, la gendarmerie et même en bloquant lui-même l’accès à un stade. « J’ai dû utiliser mon véhicule privé pour empêcher l’accès au stade Jean-Ménager ».

« Chaque été, déplore-t-il, le même scénario se répète, et ce, malgré les efforts conjoints avec les agriculteurs, paludiers, communes voisines et les services de l’agglomération. »

Pour celui qui est également président de la communauté d’agglomération de la Presqu’île, cette situation récurrente ne peut plus durer :

À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageurs

« Il est urgent de modifier la loi pour interdire clairement ce type d’installation illégale, qui crée tension, insécurité, et cause des préjudices aux propriétaires fonciers, sans qu’aucune indemnisation ne soit prévue, car aucune assurance ne couvre ces situations. »

« Ras-le-bol ! »

La demande d’expulsion a été lancée dès le lundi matin. Le propriétaire du champ, un agriculteur local, envisage de porter plainte, selon les informations relayées par Le Figaro.

Son homologue de Saint-André-des-Eaux, Mathieu Coënt, a aussi réagi en commentaire de son post sur Facebook : « Ras-le-bol ! », déclare-t-il, en affirmant lui aussi devoir lutter « tous les week-ends pour éviter de telles installations malgré des moyens renforcés ».


Partagez cet article maintenant !