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Le 2 juillet, une quinzaine de caravanes appartenant à des gens du voyage se sont installés illégalement sur un terrain privé de la société Eco-Confort Fenêtres, à Thourotte (Oise). Cette occupation de six jours a suscité de vives tensions. Grâce à l’intervention de la gendarmerie de Choisy-au-Bac, des services techniques de la ville, du sous-préfet et du député Michel Guiniot, les occupants ont quitté les lieux sans qu’une procédure judiciaire ne soit nécessaire. Une issue saluée par les propriétaires de l’entreprise.
Une arrivée sans autorisation sur le site d’une entreprise
Tout commence lorsque Greg et Mira Jelonek, gérants de l’entreprise, voient arriver la première caravane sur leur terrain.
« J’ai tenté de bloquer le passage, mais le conducteur a commencé à forcer, alors je n’ai pas insisté. Si c’est pour finir comme la pauvre dame écrasée par un poids lourd à Venette il y a un mois, ça ne sert à rien », témoigne Mira Jelonek.
En quelques heures, ce sont près de 50 personnes qui prennent possession du terrain, s’installant sous les fenêtres des bureaux et se branchant illégalement à l’eau et à l’électricité.
Autorités impuissantes sur terrain privé
Rapidement informés de la situation, la gendarmerie, la mairie et même le sous-préfet se rendent sur place. Mais ils ne peuvent faire grande chose sachant que l’occupation a lieu sur un terrain privé. Une procédure judiciaire est en effet obligatoire pour obtenir une expulsion.
À lireDordogne : Un gérant suspecté de vendre 70 camping-cars sans payer les propriétairesEt en pleine période estivale, les vacances judiciaires ont de fortes chances de ralentir les démarches. « Entre les frais de justice, les clients qui ne viennent plus, et la prochaine facture d’électricité, ça risque de faire beaucoup », s’inquiètent les gérants de la société Eco-Confort Fenêtres, coincés avec une quinzaine de caravanes.
Une pression pour obtenir un départ
Faute de référé possible à court terme, les propriétaires engagent un huissier pour lancer au plus vite une procédure. Mais c’est surtout la pression psychologique qui a permis de débloquer la situation.
« Un gendarme très convaincant, le sous-préfet que nous avons eu au téléphone et qui a menacé les gens du voyage d’amendes quotidiennes, tout cela a porté ses fruits. Le député Michel Guiniot a également été contacté dès le début, et a été très efficace », explique-t-on chez Eco-Confort Fenêtres.
Le communiqué de la gendarmerie de confirmer : « nous sommes allés faire savoir aux occupants que nous ferions tout ce qu’il est possible de faire pour les faire partir et que la machine judiciaire était en marche. Ils ont finalement décidé de quitter les lieux ».
Le 8 juillet au soir, les caravanes quittent le terrain, sous le regard soulagé des propriétaires. « Finalement tout s’arrange. Hier, nous n’avions pas de solutions et aujourd’hui, tout le monde nous aide », confie Mira.
À lireHausse de la fréquentation sur l’aire de camping-carsDes équipes municipales interviennent aussitôt pour nettoyer le site et condamner les accès afin d’éviter de nouvelles occupations.
Feu d’artifice menacé : la commune espère une évacuation avant le 14 juillet
Mais cette évacuation réussie ne règle pas la problématique de fond. En rejoignant Lagny, les mêmes caravanes ont réinvesti « un terrain de football ».
« Nous sommes arrivés quand ils s’installaient et on a pu les contenir sur l’annexe où ils étaient déjà, sans qu’ils accèdent au stade lui-même », indique Sébastien Nancel le maire de Lagny. « Le préfet nous a assurés d’une réponse rapide. La procédure est en cours.»
Une expulsion est envisagée avant le 14 juillet, car ce terrain accueille traditionnellement le feu d’artifice. « Les autres terrains sont des champs de blé, donc inutilisables pour des raisons de sécurité », explique l’édile.
À lireUn jeune dentiste transforme son camping-car en cabinet dentaire itinérant pour aider les personnes dans le besoin.« Ce sont des familles, avec des enfants, et je comprends qu’il n’y a pas assez d’aires d’accueil, compatit-il. Mais il rappelle aussi que « le Pays des Sources n’est pas soumis à l’obligation d’aménager une aire pour les gens du voyage, car il ne figure pas dans le schéma départemental. Le manque de structures ailleurs les pousse à venir ici.»

