Camping-cars : les professionnels redoutent l’arrivée d’un malus écologique

Le camping-car incarne depuis plusieurs années un mode de vie libre et itinérant, en marge des contraintes du quotidien. Mais derrière cette image de liberté, une question de fond agite aujourd’hui le secteur : combien de temps ce type de véhicule pourra-t-il encore échapper aux nouvelles règles environnementales ?

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Exonérés du malus écologique, les camping-cars profitent encore d’un avantage fiscal très important par rapport aux autres automobilistes. Mais cette faveur est-elle vouée à disparaître avec l’interdiction des moteurs thermiques prévue d’ici 2035 ? La question inquiète de plus en plus les professionnels du secteur des véhicules de loisirs, ainsi que les amateurs de voyages nomades, qui redoutent un changement de fiscalité imminent.

Malus écologique : pourquoi les camping-cars y échappent (encore) en 2025 ?

Les camping-cars et vans aménagés bénéficient d’un régime particulier grâce à leur classification en tant que « véhicules automoteurs spécialisés » (VASP).

Ce statut, qui concerne également des véhicules comme les ambulances ou les camions de secours, leur confère des caractéristiques spécifiques, notamment la possibilité de transporter plus de passagers que les utilitaires standards.

C’est cette désignation administrative qui explique leur exonération actuelle du malus écologique, contrairement à la majorité des véhicules dépassant un certain niveau d’émissions de CO₂.

Un secteur protégé : l’impact économique de la filière camping-car

L’un des arguments majeurs justifiant l’exonération des camping-cars au malus écologique réside dans la préservation d’un tissu industriel stratégique pour l’économie française.

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La filière du véhicule de loisirs représente un savoir-faire reconnu et emploie au moins 13 000 personnes sur l’ensemble du territoire.

Une fiscalité trop contraignante menacerait la viabilité de nombreuses entreprises locales, souvent non délocalisables, spécialisées dans la construction ou l’aménagement de ces véhicules.

Ce secteur connaît par ailleurs une forte croissance : en 2023, près de 24 000 modèles neufs ont été immatriculés en France, témoignant d’un réel engouement pour ce mode de voyage.

La pandémie et les restrictions sur les déplacements internationaux ont renforcé cette tendance, en ancrant dans les habitudes des Français le plaisir de voyager en toute autonomie.

Malus écologique : les camping-cars bientôt concernés ? Les professionnels s’inquiètent

Un argumentaire solide qui devait suffire à rassurer aussi bien les professionnels que les aventuriers.

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Mais en connaissant l’évolution de la législation avec les contraintes environnementales, les doutes sur une éventuelle taxation, voire une interdiction, restent justifiés.

« Nous, on n’a pas de malus écologique parce qu’on est sur un véhicule de loisirs, on n’est pas concernés réellement par les ZFE« , rappelle Alwin Manifel, conseiller commercial Caravane Jousse, au micro de France 3 Normandie. Mais « à l’avenir, enchaîne-t-elle, c’est une crainte qu’on peut avoir ».

Interdiction des moteurs thermiques en 2035 : quel impact pour les camping-cars ?

En principe, l’interdiction prévue pour 2035 s’appliquera à l’ensemble des véhicules à motorisation thermique, y compris les utilitaires légers de moins de 3,5 tonnes – une catégorie dans laquelle entrent la majorité des camping-cars.

Pour l’instant, seules certaines zones urbaines commencent à restreindre l’accès aux véhicules diesel, tandis que les axes rapides comme les autoroutes ou les périphériques restent accessibles.

Résultat : les camping-caristes peuvent continuer à circuler librement pendant encore de nombreuses années, sans contrainte immédiate.

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Cependant, il est essentiel de rappeler que la fin des moteurs thermiques ne signifie pas l’interdiction de rouler, mais plutôt l’arrêt des ventes.

À terme, les camping-cars diesel ne pourront plus être vendus, qu’il s’agisse de modèles neufs ou d’occasion.

Une mesure qui pose de nombreuses difficultés d’application, notamment en raison du nombre important de véhicules anciens – souvent classés Euro 4 ou Euro 5 – encore en circulation.

Ces modèles, plus polluants que ceux respectant les normes Euro 6b, risquent de rester longtemps sur les routes, accentuant la pollution.

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Face à cette situation, interdire la revente de ce parc roulant, qui représente près de 100 % des utilitaires actuellement utilisés, paraît irréaliste sans mettre en place un système d’aides financières conséquent.

D’autant que la transition vers l’électrique reste compliquée dans le secteur du véhicule de loisirs : poids des batteries, autonomie réduite, coûts élevés et manque d’infrastructures de recharge rendent pour l’heure l’électrification totale peu envisageable.

Vaut-il encore la peine d’acheter aujourd’hui des camping-cars ?

Ainsi, même si l’on peut s’attendre à de nouvelles mesures fiscales, notamment l’introduction d’un malus écologique sur les camping-cars – déjà en vigueur en Scandinavie et en phase de déploiement en Espagne –, les passionnés devraient pouvoir profiter encore longtemps de leur véhicule.

Malgré des restrictions croissantes dans les centres-villes, le stationnement en périphérie reste une solution adoptée par bon nombre d’usagers.

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Et tant que le kilométrage annuel moyen des camping-cars reste modeste (souvent autour de 10 000 km), il est probable que des ajustements ou reports soient envisagés.

Pour beaucoup, le plaisir de voyager en camping-car pourrait bien durer encore une décennie, au minimum.


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