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Dans de nombreuses communes, notamment touristiques, les arrêtés municipaux visant les camping-cars et fourgons aménagés se multiplient. Limitation de stationnement à 24 heures, aires surchargées ou reléguées en périphérie… le rêve de liberté sur quatre roues se heurte à une réglementation devenue de plus en plus restrictive. Et étrangement, l’État reste en retrait sur le sujet, laissant les municipalités gérer seules la question.
Une réglementation nationale permissive, mais…
Depuis quelques années, les règles se durcissent pour les adeptes du camping-car et des fourgons aménagés. Les beaux jours du stationnement sans contraintes semblent bel et bien révolus.
En France, rappelons que la loi considère un camping-car comme un véhicule de tourisme ordinaire, du moment qu’il ne dépasse pas 3,5 tonnes. À ce titre, il a le droit de stationner comme une voiture, sur toutes les places autorisées aux véhicules particuliers.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Mieux encore : il est également permis d’y dormir, à condition de ne pas sortir de matériel (chaises, cales, auvent, etc.), sous peine de basculer dans ce que la loi considère comme du camping sauvage, interdit hors des zones prévues à cet effet.
Cependant, cette liberté théorique est vite freinée dans la pratique. Car si l’État ne légifère pas spécifiquement contre les camping-cars, il laisse aux communes la possibilité d’adopter des arrêtés locaux restrictifs.
« Le maire peut, par arrêté motivé, interdire l’accès de certaines voies ou portions de voies ou de certains secteurs de la commune aux véhicules dont la circulation est de nature à compromettre soit la tranquillité publique, soit la qualité de l’air, soit la protection des espèces animales ou végétales, soit la protection des espaces naturels, des paysages ou des sites ou leur mise en valeur à des fins esthétiques, écologiques, agricoles, forestières ou touristiques. », peut-on lire dans l’article L2213-4 du Code général des collectivités.
Des arrêtés municipaux de plus en plus nombreux
C’est donc au niveau local que les restrictions se multiplient. Dans de nombreuses communes touristiques, notamment en bord de mer ou dans les centres historiques, les camping-cars sont ciblés.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsStationnement limité à 24 heures, accès restreint par des barres de hauteur, interdiction après 19 h ou sur certaines zones sensibles : les arrêtés sont aussi variés que les communes elles-mêmes.
Ces mesures, bien que parfois contestées devant les tribunaux, ne sont pas toutes illégales. La justice a déjà validé certaines interdictions dans des zones protégées, en raison d’un impact visuel ou de nuisances liées au stationnement prolongé.
Des méthodes d’exclusion plus discrètes
Confrontées à des recours en justice, certaines Villes ont revu leur approche. Plutôt que de s’en prendre directement aux camping-cars, elles interdisent les véhicules de plus de 2 mètres de haut, ou ceux transportant du gaz ou des eaux usées.
Des restrictions indirectes qui visent de toute évidence à limiter la présence des camping-caristes sur leur territoire, sans enfreindre la loi de manière frontale.
Les aires dédiées, un compromis ?
Conscientes toutefois de l’intérêt économique que représentent les camping-caristes – une population souvent âgée et plutôt aisée –, plusieurs villes n’hésitent pas à investir dans des aires de services spécifiques.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursCes véhicules de loisirs sont ainsi parqués, encadrés, parfois éloignés des centres-villes.

