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La cabanisation, notamment dans le Gard et l’Hérault, est dans le collimateur de l’État. Pour lutter efficacement contre les constructions illégales, les autorités misent sur l’intelligence artificielle appliquée à l’urbanisme.
Une technologie pour détecter l’urbanisme illégal
Face à ce fléau, qui explique la mise en place jusqu’à 1 300 installations illégales par an dans certains départements, l’État a décidé de moderniser ses outils.
Un logiciel de détection de la cabanisation s’appuie désormais sur l’IA pour repérer, via des images satellites, les changements suspects sur des terrains inconstructibles.
À lireLe camping-car Dacia fait beaucoup parler de lui, mais une question persiste : quel modèle pourrait être à la fois élégant et abordable ?En comparant des photos aériennes récentes à celles des années précédentes, l’IA détecte les constructions apparues sans permis, à savoir des mobil-homes, cabanons, vérandas ou maisons en dur.
Ce croisement automatisé permet aux services de l’urbanisme de cibler plus vite les situations litigieuses et d’engager des actions légales.
Un outil déjà opérationnel dans le Gard et l’Hérault
Dans le Gard et l’Hérault, départements particulièrement touchés par l’urbanisme illégal, cette technologie permet aujourd’hui de mieux encadrer les interventions.
À Poussan, par exemple, l’intelligence artificielle a identifié une maison, plusieurs mobil-homes et une caravane apparus en quelques années sur un terrain classé zone naturelle. Des preuves suffisantes pour lancer une procédure de démolition de ces constructions illégales.
Lutte contre la cabanisation : entre innovation et complexité juridique
Si la technologie est prometteuse, elle ne suffit pas à elle seule. De nombreux maires dénoncent un « millefeuille administratif » qui ralentit la destruction de ces logements illégaux en France.
À lireDordogne : Un gérant suspecté de vendre 70 camping-cars sans payer les propriétairesÀ Marsillargues, il aura fallu sept ans de procédure pour faire raser une maison construite en zone inondable.
Mais l’IA change la donne : elle permet de gagner un temps précieux dans l’identification des infractions. Cela permet aux autorités de dresser des procès-verbaux plus rapidement et de transmettre les dossiers aux tribunaux plus efficacement.
Des enjeux humains et sociaux
Certains occupants vivent dans ces habitations illégales faute de moyens. « Ce sont des pauvres gens qui sont là, qui n’ont rien, qui ont le minimum, qui ont des boulots de merde, et qui gagnent peu d’argent ! Ils habitent dans des caravanes, si on les vire, on les met où ? », explique un habitant au micro de TF1info.
Si la loi doit s’appliquer, la question sociale reste centrale. Expulsions, menaces, désespoir… « J’ai reçu un appel de la gendarmerie. Selon eux, je suis en infraction à l’urbanisme, pour présence de mobil-home, de caravane et de construction en dur. Moi, je n’ai pas d’autre lieu pour vivre et je n’ai pas d’argent à investir pour vivre ailleurs », déplore Myriam, interrogée lors d’un reportage de « Sept à Huit » en novembre dernier.
À lireHausse de la fréquentation sur l’aire de camping-cars« Ma crainte, confie cette retraitée qui a rendu habitable un terrain de 800 m² sur la commune de Vias (Hérault), c’est qu’on touche à mes choix, au bonheur que j’ai de vivre ici actuellement. Ça peut se finir au tribunal ». L’octogénaire révèle y avoir « investi (tout son argent, NDLR), soit 100.000 euros ».
Un cap clair : restaurer l’équité et protéger l’environnement
Pour les élus locaux, la prolifération de logements non conformes pose un double problème : inéquité fiscale envers les citoyens qui respectent les règles et menace environnementale dans des zones protégées ou à risque d’inondation.
« C’était temporaire, mais aujourd’hui, on voit que ces personnes se sont sédentarisées, mais également qui parfois ont construit en dur des éléments qui portent atteinte à l’environnement, à la biodiversité, des risques pour eux et une iniquité de traitement vis-à-vis des autres habitants qui construisent, qui payent des taxes, des impôts« , estime le maire LR de Marseillan, Yves Michel.
À Marseillan, plus de 200 habitations illégales ont été comptabilisées dans le seul quartier de Maldormir, en pleine zone inondable.
À lireUn jeune dentiste transforme son camping-car en cabinet dentaire itinérant pour aider les personnes dans le besoin.Grâce à l’outil Aigle, un logiciel de repérage cartographique des constructions illicites de la DDTM, l’État reprend peu à peu le contrôle.

