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Le camping-car connaît un véritable boom en France. En 2024, plus de 500 000 véhicules aménagés ont sillonné les routes de l’Hexagone, soit 25 000 de plus que l’année précédente. Ce succès du voyage nomade provoque cependant une saturation dans certaines régions touristiques… Ce qui n’est pas toujours bien vu !
Les zones les plus touchées : littoral et sites touristiques
Certaines destinations sont particulièrement débordées par l’afflux des camping-cars. Parmi elles :
- Le bassin d’Arcachon : La Teste-de-Buch a fait poser des barrières de hauteur à 1,90 mètre et Arcachon a restreint l’accès à ses plages.
- La Vendée : fermeture progressive des parkings gratuits, forçant les camping-caristes à se garer en périphérie.
- Étretat (Normandie) : une aire officielle de seulement 30 places pour une demande qui explose. Résultat : stationnements illégaux et tensions.
« On arrive à 10h, c’est déjà complet. Alors on se gare où on peut, même si c’est interdit», confie Jean-Michel, un retraité venu du Nord avec son Ducato aménagé. L’été dernier, j’ai pris trois amendes en une semaine. À 135 euros pièce, ça calme. »
Ces problèmes s’expliquent par un manque d’infrastructures : moins de 10 % des communes françaises disposent d’aires de stationnement adaptées aux camping-cars.
Corse et Sud de la France : le ras-le-bol des habitants
La Corse, longtemps considérée comme un paradis pour les camping-caristes, durcit désormais ses règles. Barrières de hauteur, panneaux d’interdiction et contrôles renforcés se multiplient, notamment sur les plages et criques protégées.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsDans le Sud-Ouest, la côte atlantique fait face au même problème, avec des aires saturées dès le début de l’été et des communes qui imposent des séjours limités à 24 ou 48 heures pour éviter l’occupation prolongée.
Le problème va bien au-delà des frontières françaises
Le phénomène touche aussi les destinations prisées en Europe du Sud :
- Portugal (Algarve) : camping sauvage totalement interdit, amendes pouvant atteindre 500 € et forte présence policière sur les spots côtiers.
- Espagne (Costa Brava) : stationnement interdit aux véhicules de plus de 2 mètres dans certaines villes comme Cadaqués et Roses.
- Italie : zones à trafic limité (ZTL) dans les grandes villes, amendes automatiques de 100 € et tarifs de stationnement majorés pour les camping-cars.
Ce que dit la loi française
En théorie, un camping-car est considéré comme un véhicule classique (catégorie M1). Il peut donc stationner partout où une voiture le peut, sauf arrêté municipal contraire.
La distinction clé est la suivante :
- Stationner : rester dans son véhicule sans déployer d’équipement = autorisé.
- Camper : sortir tables, chaises, auvents = interdit sur la voie publique.
Il faut savoir que plusieurs arrêtés municipaux interdisant les camping-cars sont illégaux, mais rarement contestés. De quoi entraîner des amendes parfois abusives, que les camping-caristes paient faute de recours rapide.
Les camping-caristes défendent leur place
Pour les associations de camping-caristes, la stigmatisation est injuste. Christophe, membre d’une association bretonne, rappelle l’impact économique positif : « 1,4 milliard d’euros injectés dans l’économie française en 2024, 56 euros dépensés par jour et par couple. Les commerçants nous adorent, les maires nous détestent. »
Et malheureusement, indique-t-il, « Cinq pour cent de mal élevés qui vident leurs toilettes n’importe où ou restent trois semaines au même endroit. Mais on pénalise 95 % de gens respectueux à cause d’eux. »
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursPour désengorger les régions saturées, les associations proposent la création d’aires payantes avec services, la gratuité des 24 premières heures puis tarification progressive, et brigades municipales dédiées pour sanctionner uniquement les abus. Pour Christophe, il n’y a pas lieu « d’interdire (mais) juste d’organiser ».

