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- Récolte perdue, détritus et frustration : 200 caravanes de gens du voyage causent des dégâts en Haute-Savoie. Les agriculteurs racontent leur impuissance face à cette situation.
- « Quand on a un terrain, la population(…) le maire sont contres. On fait comment ? »… Les autorités dépassées
- Le cadre légal
Cet été, près de 200 caravanes de gens du voyage ont occupé pendant deux semaines des terres agricoles à Annecy, en Haute-Savoie. Les propriétaires, Denis et Bernard Lachenal, racontent la destruction de leur champ et la perte totale de leur récolte. Le fourrage cultivé est désormais inutilisable, les revenus espérés sont perdus. Retour sur leurs témoignages.
Récolte perdue, détritus et frustration : 200 caravanes de gens du voyage causent des dégâts en Haute-Savoie. Les agriculteurs racontent leur impuissance face à cette situation.
Pour les agriculteurs d’Annecy, la situation reste amère. Si le champ semble propre à première vue, une inspection rapide suffit à constater le contraire.
D’ailleurs, les occupants — les gens du voyage avec près de 200 caravanes — y ont laissé de nombreux débris dangereux : « bouts de tuyaux avec du fil de fer ou d’aluminium, morceaux de bois calcinés et languettes de canettes », énumèrent Denis et Bernard Lachenal dans Le Dauphiné Libéré.
Des objets non sans danger pour les vaches et le matériel agricole, rendant impossible la fauche du fourrage. Les allées en terre créées par le passage répété des caravanes et les branches d’arbres sciées aggravent encore les dégâts.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents« L’herbe a été comme brûlée par les détergents rejetés par les machines à laver, car l’évacuation se faisait dans l’herbe », expliquaient-ils.
Les dommages matériels ont des conséquences directes : la récolte est irrécupérable, privant les agriculteurs de revenus, pourtant indispensables pour leur exploitation. Face à cette situation, Denis et Bernard Lachenal ont décidé de déposer plainte contre X et contre le Grand Annecy pour inaction.
« Quand on a un terrain, la population(…) le maire sont contres. On fait comment ? »… Les autorités dépassées
Les gendarmes et élus locaux avaient été prévenus avant l’installation des caravanes, mais aucune mesure concrète n’a été prise. « On a été laissé sans soutien », s’indignent les propriétaires.
Du côté de l’agglomération, la présidente Frédérique Lardet rappelle les contraintes légales et administratives : seul le préfet peut ordonner l’expulsion après saisie du tribunal. Elle souligne également la difficulté d’accueillir les gens du voyage :
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageurs« Quand on a un terrain qui correspond aux critères nécessaires, la population est contre, le maire est contre. On fait comment ? »
Le cadre légal
La loi Besson du 5 juillet 2000 oblige les communes de plus de 5 000 habitants à créer des aires d’accueil pour les gens du voyage.
Des aires de grand passage existent aussi pour accueillir des rassemblements plus importants, mais elles restent limitées et souvent insuffisantes pour gérer les arrivées imprévues.

