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Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a lancé une circulaire importante adressée aux préfets, visant à mieux encadrer les installations illicites des gens du voyage. Cette mesure vise à « prévenir les occupations illicites » de terrains et à « réaffirmer l’autorité de l’État » face à un phénomène devenu aujourd’hui récurrent, notamment pendant la période estivale.
Une circulaire fondée sur un groupe de travail parlementaire
Cette circulaire, présentée par le ministre François-Noël Buffet, s’appuie sur les travaux d’un groupe parlementaire mis en place en mars dernier.
Composé de 16 parlementaires et présidé par le préfet Philip Alloncle, ce groupe a identifié quatre axes prioritaires : renforcer l’efficacité des sanctions judiciaires, accroître les pouvoirs des préfets pour évacuer les terrains occupés illégalement, responsabiliser les occupants des aires d’accueil et amener les collectivités locales à respecter leurs obligations.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Depuis 2000, la loi impose en effet à chaque département d’établir un schéma d’accueil pour les gens du voyage, et les communes de plus de 5 000 habitants doivent obligatoirement proposer des aires d’accueil adaptées.
Des obligations malheureusement souvent mal respectées, d’où la multiplication des cas d’installations hors cadre légal.
Nomination d’un médiateur et recours aux évacuations forcées
La circulaire Retailleau recommande explicitement la nomination d’un « médiateur départemental » chargé de « prévenir et gérer les conflits » liés à ces installations.
Par ailleurs, elle insiste pour que les préfets aient « recours systématiquement aux procédures d’évacuation forcée » lorsque les campements sont illicites, à condition que le territoire respecte son schéma d’accueil.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents« Ce que nous voulons, résume François-Noël Buffet, c’est que les installations soient naturellement anticipées le plus tôt possible pour être organisées et que les choses se passent bien pour tout le monde ».
Les difficultés liées aux aires d’accueil existantes
Sur le terrain, les critiques ne manquent pas. Sur le plateau des Grandes Gueules, Didier Giraud, agriculteur déplore les « dégradations quasi-systématiques qui font que c’est invivable, que ce soit sur les aires et les stades », soulignant l’impact sur les infrastructures comme les terrains de sport.
Du côté des gens du voyage, Tony, artisan charpentier et membre de cette communauté, dénonce la mauvaise qualité des aires mises à disposition : « Il y a 20 ans, Sarkozy a subventionné les communes pour qu’elles fassent des aires de passage et seules 10% en ont fait. Les communes ont reçu de l’argent et nous mettent sur des terrains insalubres, c’est scandaleux ».
« J’arrive d’une aire de grand passage pour les gens du voyage (près de Perpignan), mais même des animaux vous ne les mettez pas dedans, relate-t-il sur RMC. Ils ont arraché des souches de vigne et nous ont mis au milieu à même la terre avec un groupe électrogène, une cuve d’eau et une cuve de 1.000 litres en guise de toilettes ».
« Nous sommes une communauté discriminée depuis le Moyen-âge alors que nous sommes Français ».
Malgré ces difficultés, Tony rappelle aussi que la procédure d’installation sur ces terrains est encadrée : « C’est régularisé, on arrive, un médiateur nous place et quand on part, c’est vérifié et nous payons une dot pour pouvoir s’installer sur ces terrains-là ».
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursEt Tony de conclure avec un message fort : « nous sommes une communauté discriminée depuis le Moyen-âge et jusqu’en 2000, nous avions encore des carnets de circulation alors que nous sommes Français depuis des dizaines de générations ».

