« Ce n’est pas un terrain de camping” : colère à Marseille après l’installation illégale de 168 caravanes des gens du voyage sur un terrain de rugby

Un stade de rugby "massacré" après le passage d'un convoi de 168 caravanes de gens du voyage à Marseille.

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À Marseille, dans le 11e arrondissement, le stade du Mouton a été une fois de plus pris pour cible par une installation illégale de grande ampleur. Pas moins de 168 caravanes appartenant à des gens du voyage y ont élu domicile pendant deux semaines, suscitant l’ire du club résident, Marseille Rugby Méditerranée.

Une double occupation en un mois et demi

Pour Augustin Marie, président du club, la coupe est pleine : « Nous avons eu quatre semaines d’occupation en un mois et demi », déplore-t-il.

Cette intrusion massive sur les deux terrains de rugby a non seulement paralysé l’activité sportive, mais laissé des traces profondes. Le dirigeant du club n’en peut plus : « On n’est pas un terrain de camping, on est un terrain de rugby. Je ne suis pas un centre de vacances », lâche-t-il, très en colère.

Une expulsion « sans tension », mais un problème récurrent

Après avoir occupé deux terrains du stade du Mouton, à Saint Menet, les 168 caravanes de gens du voyage ont finalement quitté les lieux le dimanche 20 juillet dernier.

Tout s’est passé dans le calme, comme l’explique Jean-Pierre Garnier, responsable de la base Sud de la police municipale : « On avait un contact avec le responsable de la communauté, une bonne coordination. L’évacuation s’est passée sans tension ».

« Partout, c’est massacré »

Toutefois, cette coordination n’efface pas la lassitude des responsables sportifs, contraints de gérer les conséquences de ces installations à répétition.

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« On ne peut pas finir la saison correctement. On ne peut pas préparer la prochaine parce que ça ne s’arrête pas aujourd’hui. Les vestiaires, les sanitaires sont dans un très mauvais état. On n’imagine pas jouer aujourd’hui sur l’herbe qui reste, regrette Augustin Marie. Partout où ils sont passés, c’est massacré. Il faudra des semaines et des semaines pour tout remettre en état », insiste le président du club Marseille Rugby Méditerranée.

Si la communauté a préféré s’installer au stade Mouton plutôt que sur laire d’accueil pourtant toute proche, c’est parce qu’elle la juge insuffisante en taille.

Bien que la cité Phocéenne respecte l’obligation légale de disposer d’un tel espace (24 emplacements disponibles), elle ne répond pas aux besoins réels des communautés itinérantes. En mai 2025, plusieurs associations avaient déjà tenté d’obtenir des travaux d’aménagement via la justice, en vain.

Responsabilités politiques en débat

L’adjoint à la sécurité publique, Yannick Ohanessian (PS), a interpellé la Métropole : « Je demande, encore une fois, qu’elle prenne ses responsabilités et propose enfin une aire d’accueil digne et viable pour ces familles ».

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De son côté, le maire (LR) des 11e et 12e arrondissements, Sylvain Souvestre, estime que la Ville de Marseille aurait dû lancer une procédure administrative d’urgence.

Pour Augustin Marie, chacun “se renvoie la balle”, mais aucune action concrète n’est vraiment engagée sur le terrain.


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