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En Seine-et-Marne, le manque d’aires d’accueil pour les gens du voyage exacerbe les tensions autour des occupations illégales. C’est le cri d’alerte lancé par Samson, référent de l’association Action Grand Passage au sein de la préfecture, qui exhorte les maires à respecter la loi. Installé avec sa caravane sur un stade de Villeneuve-le-Comte, il déplore une situation qui « se dégrade d’année en année » malgré les engagements pris.
Une situation de plus en plus tendue dénoncée par la communauté des gens du voyage.
Comme déploré par le représentant de la communauté des gens du voyage, le département ne dispose que de trois aires dites de grand passage, dont deux — à Moissy-Cramayel et Saint-Thibault-des-Vignes — sont en mauvais état.
D’ailleurs, s’était-il excusé auprès de nos confrères de la République de Seine-et-Marne, « désolé de vous accueillir au milieu d’un stade… C’est plus adapté pour un match de football, mais (cela) prouve que la situation n’avance pas… voire se détériore ».
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents« Les aires de grand passage ont été décidées en 2020, mais les collectivités rechignent toujours, car cela fait tâche d’avoir des gens du voyage dans sa ville… Le problème, c’est que la situation ne convient à personne, alors il faut enfin agir. »
« On ne demande pas grand-chose »
Samson lance un appel direct aux élus. « Ils doivent s’organiser pour trouver des solutions comme le prévoit le schéma, insiste-t-il. Je suis même prêt à les aider pour les conseiller ! On ne demande pas grand-chose : un terrain avec un point d’eau, un point électrique et des sanitaires. »
Ce qu’il regrette, c’est qu’« une grande majorité de communes et agglomérations sont dans l’illégalité en ne créant ni aire d’accueil, ni aire de grand passage, alors que nous sommes dans notre droit… Par contre, tout le monde dénonce les installations illicites. »
Le référent évoque aussi la participation de nombreux nomades aux charges de fluides : « Quand les communes refusent, on donne directement au CCAS », assure-t-il.
«Je suis un vrai Briard, pas plus, pas moins. »
Ce problème ne concerne pas que la Seine-et-Marne. Quatorze ans après l’adoption de la loi Besson, un tiers des aires d’accueil promises au niveau national n’ont toujours pas vu le jour. Pourtant, la loi est claire : les communes de plus de 5 000 habitants doivent créer ces infrastructures sous peine de perdre le droit d’expulser les installations illégales.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursOutre le manque de terrains, Samson dénonce être victime de discrimination. « On nous traite de voleur de poules, on nous demande si nous sommes des gens du voyage, des gitans, des Tziganes… mais nous avons des droits, comme n’importe quels citoyens français. Je suis un vrai Briard comme les autres, pas plus, pas moins. »
Chef d’entreprise, il cache son visage et préfère rester anonyme de peur que ses clients apprennent qu’il est nomade : « Ils ne voudraient peut-être plus travailler avec moi. »
« La balle est dans le camp des élus. »
Pour lui, la solution est simple : « donnez-nous de sept véritables aires de grand passage. On n’a rien à faire dans un stade ou dans des champs : on ne le fait pas par plaisir… mais si les communes respectaient la loi, on pourrait, nous aussi, être dans les clous(…) Cela ne fait plaisir à personne de se retrouver continuellement devant la justice… La balle est dans le camp des élus. »

