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Depuis dimanche dernier, plus de 200 caravanes de gens du voyage occupent deux des trois terrains du stade du Mouton, dans le 11e arrondissement de Marseille. C’est la deuxième occupation en un mois pour le club de rugby Marseille Rugby Méditerranée, et la tension est à son comble.
Le dirigeant du club Marseille Rugby Méditerranée désemparé après cette nouvelle occupation illégale des gens du voyage du stade du mouton
Frédéric, dirigeant du club, ne cache pas sa colère. « Je le vis pas bien parce que les expériences précédentes nous ont démontré que ça ne se passait jamais bien. La pelouse, les vestiaires seront détériorés et hors d’usage. », confie-t-il.
Sur place, un bras de fer s’est engagé entre les bénévoles du club, les gens du voyage et les autorités. Les forces de l’ordre ont été mobilisées pour éviter les dérapages, mais deux terrains restent occupés. Le troisième a été protégé in extremis.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsUn père de famille, dont le fils joue au rugby, s’indigne : « Quand on est arrivé, il y avait déjà des centaines de caravanes. Ce n’est pas à un club où jouent des enfants, ni à l’école de rugby de payer les pots cassés d’une politique publique qui ne prend pas en considération la légalité ».
« J’ai peur que ça a un impact sur plus long terme pour le club »
Les gens du voyage, pour leur part, pointent le manque d’infrastructures d’accueil. « Vous avez mangé l’argent ! », s’est emporté un membre de la communauté. Avec seulement 24 places à Saint Menet et une aire à Istres pouvant accueillir une centaine de caravanes, la tension est palpable.
Augustin Marié, président du club, est désabusé : « Ce n’est pas le même groupe qu’en juin, mais c’est les mêmes conséquences. Je suis très en colère et un peu écoeuré. J’ai peur que ça a un impact sur plus long terme pour le club… ma liberté, c’est de jouer rugby. C’est de faire vivre des minots, c’est pas de supporter le mode de vie des uns et des autres ».
Stages annulés, saison compromise, salariés à l’arrêt… Effectivement, ce campement sauvage n’est pas sans conséquences. « Il ne va rien se passer pendant quinze jours alors qu’on devait accueillir des centres sociaux et des enfants de quartier. On va aussi devoir expliquer aux salariés qu’ils pourront pointer au chômage partiel », déplore le président.
« Tout ce qui est hors cadre légal sera sanctionné »
Le maire de secteur Sylvain Souvestre, présent sur place, appelle la mairie à réagir. Dans un courrier à Benoît Payan, il demande un référé pour expulser les caravanes sous 96 heures : « Nous devons montrer collectivement que tout ce qui est hors cadre légal sera sanctionné ».
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursAudrey Garino, adjointe au maire de Marseille, déplore l’absence d’aires de grand passage, responsabilité de la métropole d’Aix-Marseille-Provence. Le dialogue entre ville, métropole et élus semble au point mort. Pendant ce temps, les pelouses sont à l’abandon et les jeunes joueurs du club privés de leur terrain de sport.

