Gens du voyage : plus de 100 caravanes s’installent sur un terrain de fête, un village du Gard forcé d’annuler un grand événement à la dernière minute

Les festivités annulées en urgence à Saint-Hilaire-de-Brethmas à cause d'un groupe de gens du voyage.

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Le 13 juillet 2025, à quelques heures du feu d’artifice prévu pour le 14 juillet, la commune de Saint-Hilaire-de-Brethmas, dans le Gard, a vu arriver plus de 100 caravanes de gens du voyage sur le terrain de football municipal, lieu prévu pour les festivités. La mairie a dû annuler l’événement à la dernière minute, provoquant la déception des habitants.

« C’est notre fête quand même ! C’est important« 

« C’est notre fête nationale quand même ! C’est important« , déplore une riveraine venue à pied avec son mari pour assister à la soirée. « On est déçus. À cause de tout ça, on a dû aller à Vézénobres. Ils viennent et c’est nous qui sommes impactés et obligé de nous déplacer« , ajoute-t-elle.

« Ça me met hors de moi !, réagit — elle aussi — Denise, 74 ans, « J’ai vu qu’ils avaient tout annulé à cause de ça. Ce qui me dérange, c’est qu’ils ont tout gratuit. Ils prennent l’électricité, l’eau, ils prennent tout et ils s’en vont, tout est bousillé. Alors que nous, si on fait pareil, on est obligé de payer(…) C’est cette injustice qui me déplaît. »

Une arrivée imprévue qui chamboule tout

Les caravanes ont investi le site en fin d’après-midi. Selon Jonathan, un jeune homme issu de la communauté évangélique : « On ne savait pas qu’il y avait des festivités, et une fois sur place, c’est très difficile pour 100 caravanes de faire demi-tour. On est désolés si les festivités n’ont pas eu lieu. On comprend que les gens ne soient pas contents. Ce n’était pas notre volonté. »

Celui-ci d’indiquer qu' »Il y a quelques semaines, ils ont fait un tour pour repérer le terrain, rien n’était installé mais quand on est arrivé hier, c’était trop tard ».

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Le pasteur Reinhart, également présent, plaide aussi l’ignorance : « On a vu à notre grande surprise qu’il y avait des festivités prévues. On a été bien embêté. L’attitude du maire a été très constructive. Il a été très humain. On voulait se mettre sur le côté pour laisser les festivités se faire, mais il a préféré tout annuler. »

Le maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas, Jean-Michel Perret a pris les devants : « J’ai préféré ouvrir moi-même le coffret électrique plutôt de risquer qu’ils le fracturent. Grâce à ça, on a déjà économisé 3 000 euros ! « 

Une problématique nationale : le manque d’aires d’accueil

C’est la quatrième installation non-autorisée en 11 ans sur la commune. Les gens du voyage pointent du doigt le manque d’aires d’accueil aux normes dans l’agglomération.

Comme l’a assuré Reinhart, « nous ne sommes pas les seuls responsables. L’État ne fait pas la part du travail pour nous accueillir(…) On est des citoyens itinérants mais le reste de l’année, on se pose et nos enfants sont scolarisés, ils sont dans des clubs de sports… On sait très bien ce que représente un stade de foot« .

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L’Agglo d’Alès reconnaît un déficit de structures adaptées sur son territoire, ce qui rend les installations « tolérées » selon la loi. Le maire d’Alès, Christophe Rivenq, reste évasif : « Je ne veux pas stigmatiser une commune. Nous, à Alès, on a notre aire. On est conformes à la loi. »

Une tentative d’apaisement

Pour calmer les tensions, la communauté évangélique s’est engagée à signer une convention avec la mairie pour « qu’il n’y ait pas de dégradations ou de détritus après notre passage » et à lancer « une cagnotte auprès de notre groupe pour dédommager le village pour l’annulation de la fête. »

Et le pasteur de conclure : « Tous ceux qui veulent prier ou venir sont les bienvenus ».


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