Occupation illégale dans les Vosges : le tribunal ordonne l’expulsion de 500 personnes des gens du voyage, des amendes planent

Les 200 caravanes et 500 membres de la communauté des gens du voyage installés illégalement dans une prairie de la commune du Syndicat (Vosges), ont été condamnés en urgence à quitter les lieux.

Analyse IAavec
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Depuis le 7 juillet 2025, environ 500 personnes de la communauté des gens du voyage occupaient illégalement une prairie de quatre hectares dans la commune du Syndicat, dans les Vosges. Le tribunal civil d’Épinal, saisi en urgence, a rendu une décision en référé ordonnant leur expulsion immédiate le 15 juillet. Si les caravanes ne sont pas déplacées sous 24 heures, les familles concernées s’exposent à des sanctions financières et à une évacuation policière.

Une situation explosive entre agriculteurs et familles nomades

L’occupation d’un terrain agricole de la commune du Syndicat dans les Vosges n’a pas tardé à créer des tensions.

Les propriétaires, des agriculteurs locaux, ont tenté de faire fuir les occupants. Des plaintes pénales ont été déposées de part et d’autre, suite à des affrontements survenus sur place. Du lisier a en effet été déversé autour des caravanes

Olivier, représentant de l’association Action Grand Passage, assure que des démarches avaient été entreprises pour trouver une solution amiable :

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« On s’était proposé de faire une convention, de dédommager la récolte, de payer l’eau, le courant, les ordures ménagères. Les agriculteurs n’étaient pas d’accord. Je le comprends, ils ont des droits, ils peuvent saisir la justice. Mais si aujourd’hui, on avait un terrain qui pourrait s’ouvrir, on est prêt à quitter le terrain tout de suite et à se déplacer. »

Le manque d’aires d’accueil, au cœur du problème

Selon la loi Besson, chaque département devrait disposer d’aires d’accueil et de « grand passage » pour accueillir les groupes itinérants en été. Dans les Vosges, ces infrastructures demeurent insuffisantes. L’aire de Remiremont, par exemple, ne peut accueillir qu’une cinquantaine de caravanes, loin des 200 installées au Syndicat.

Maître Iognat-Prat, avocate de la communauté expulsée, pointe le manque de réponse des autorités : « Le trajet était prévu, ils avaient contacté les Vosges dès le début de l’année pour réserver une aire. Ils n’ont jamais eu de réponse. »

Des pratiques d’intimidation dénoncées

Outre les tensions judiciaires, les conditions d’accueil sont souvent très dures. Des tas de fumier ont été déversés autour des caravanes. Un acte « traumatisant », ajoute l’avocate.

« On passe beaucoup sous silence tout ce que vivent les gens du voyage. On a diabolisé tous les itinérants et on soulève la population contre eux »,déplore le pasteur Désiré Vermeersch, président d’Action Grand Passage.

Un climat tendu, sans solution durable

Alors qu’ils « prévoyaient de partir le 20 juillet, relaie Vosges matin, ce mardi, par une décision en référé, les gens du voyage installés illégalement sur les 4 ha de prairie au Syndicat viennent d’être expulsés de l’endroit ». En cas de non-respect dans 24 heures, « ils s’exposent à des amendes et l’intervention de la police ».

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Face à ces installations non autorisées, l’État semble hésiter entre médiation et fermeté. Une récente circulaire du ministère de l’Intérieur recommande la désignation de médiateurs départementaux tout en encourageant les préfets à agir pour éviter les occupations illégales.

Mais pour les familles concernées, la réalité reste la même : sans terrains disponibles et adaptés, la précarité des déplacements s’accentue chaque été.


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