Pyrénées-Orientales : après l’agression du maire, 40 caravanes de gens du voyage évacuées de force sur ordre de la préfecture

Occupation illégale à Toulouges : une quarantaine de caravanes de gens du voyage évacuée, la justice donne raison à la mairie.

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Dans les Pyrénées-Orientales, à Toulouges plus précisément, une quarantaine de caravanes de gens du voyage ont été évacuées de force le 18 juin dernier, sur ordre de la préfecture. Cette intervention fait suite à une installation illégale sur le stade de rugby, survenue dans un climat tendu après l’agression du maire.

« Ils m’ont soulevé et m’ont dégagé(…) Je leur ai dit que j’étais le maire, mais ça ne les a pas arrêtés ».

Tout commence le 14 juin en fin de matinée, lorsque des dizaines de caravanes pénètrent sans autorisation sur le terrain d’honneur du club de rugby de la ville de Toulouges, près de Perpignan. Selon le maire Nicolas Barthe, présent sur place, l’entrée a été forcée :

« Ils sont entrés par effraction en coupant le cadenas qui fermait le portail principal et en bousculant les éducateurs présents. »

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Il ajoute avoir été violemment repoussé par sept individus en tentant de s’interposer : « J’étais à vélo et j’ai essayé de m’interposer pour empêcher les gens du voyage de pénétrer sur le terrain. Mais ils étaient sept, ils m’ont soulevé et m’ont dégagé(…) Je leur ai dit que j’étais le maire de la commune, mais ça ne les a pas arrêtés ».

« L’un des éducateurs a même été projeté sur le capot d’un véhicule », poursuivait-il son récit. La gendarmerie est très vite intervenue, bloquant l’accès à une partie du groupe qui était encore à l’extérieur du stade communal.

Malgré cela, le reste des caravanes est parvenu à s’installer. La municipalité avait pourtant proposé des aires disponibles à proximité, notamment à Villeneuve-de-la-Raho ou Rivesaltes.

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Proposition refusée par les occupants, qui auraient justifié leur choix en affirmant que « l’herbe était plus verte » à Toulouges, rapporte le maire.

« Une escalade de la violence »

Face au nombre réduit de forces de l’ordre sur place, « la situation a dégénéré ». Une « trentaine d’hommes ont soulevé des agents municipaux pour forcer l’entrée. »

« Face à une escalade de la violence, j’ai été contraint de laisser entrer les dernières caravanes afin de préserver l’intégrité physique des hommes présents venus garantir notre sécurité », explique l’élu. Il dénonce un « véritable aveu de faiblesse » de la part de l’État.

« C’est une des évacuations les plus rapides des gens du voyage »

Dans la foulée, la préfecture a pris un arrêté de mise en demeure pour ordonner l’évacuation. Malgré une tentative de recours en justice de la part des gens du voyage, le tribunal administratif a tranché en faveur de l’expulsion le mardi 17 juin.

L’évacuation s’est donc tenue le mercredi 18 juin au matin. Dès 7h30, 100 agents — CRS, gendarmes et policiers municipaux — ont été mobilisés. L’opération a duré moins de deux heures et s’est déroulée dans le calme. Les caravanes ont quitté le stade pour rejoindre une aire d’accueil à Villeneuve-de-la-Raho.

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« C’est une des évacuations les plus rapides des gens du voyage. Dès dimanche, au lendemain de l’intrusion très, très violente, il faut le répéter, Monsieur le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau m’a appelé », confie Nicolas Barthe.

« Maintenant, nous pouvons nous défendre avec la loi et avec la force ».

Malgré quelques dégâts constatés (pelouse endommagée, barrière démontée), le maire de Toulouges se dit soulagé : « Je suis très content(…) C’est aussi un message fort envoyé aux gens du voyage dans les Pyrénées-Orientales. Nous sommes en cohérence avec le schéma départemental(…) Maintenant, nous pouvons nous défendre avec la loi et aussi avec la force si la loi n’est pas respectée ».


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