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En plein été, la région Sud fait face à une vague d’installations illégales de gens du voyage, suscitant l’ire des élus et l’inquiétude des riverains. Fin juin 2025, près de 250 caravanes se sont établies sans autorisation sur des terrains agricoles privés à Manosque et sur un stade municipal à Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Une centaine de caravanes des gens du voyage occupent illégalement le stade de rugby de Sisteron
Malgré la récente mise en service d’une aire de grand passage à Oraison, fruit de 18 mois de travaux pour un coût d’un million d’euros, les occupants ont préféré s’installer ailleurs.
« Ils n’ont pas voulu y aller parce que… Il n’y a pas de l’herbe comme ils le voudraient ! C’est tout de même incroyable !« , réagissait le maire de Sisteron, Daniel Spagnou.
À Sisteron, les évangélistes sont arrivés le dimanche 29 juin, brisant les cadenas du portail pour s’introduire sur le stade de la Chaumiane.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?« Une fois de plus, ces gens sont arrivés, sans prévenir, et bien sûr, ils ont cassé les cadenas. Ces gens-là passent en dehors des lois de la République », déplore l’élu.
Il s’inquiète notamment de l’état de la pelouse après leur départ. « Et la pelouse ! Elle était magnifique, il faudra la refaire ! Je suis très en colère », confie Daniel Spagnou. Il pointe également du doigt l’impuissance des communes face à ces installations non autorisées :
« La commune ne peut intervenir directement sans risquer des problèmes juridiques. En plus, on doit leur mettre de l’eau, l’électricité… Ils nous ont dit qu’ils nous dédommageront, mais ça… ». Ils ont déclaré vouloir rester une quinzaine de jours, au grand dam de la mairie.
Installation sauvage des gens du voyage sur un terrain privé d’agriculteurs à Manosque
À Manosque, même histoire. Camille Galtier, maire de la ville et président de la DLVAgglo, regrette le manque d’intervention de l’État : « On s’est retrouvé seul face à cette vague. On n’a eu aucun renfort, ni même un appel de la préfecture. C’est inacceptable. »
Le terrain occupé appartient à un agriculteur et n’est pas équipé : pas d’eau courante, ni d’électricité, ni sanitaires. Cela accentue les craintes d’atteinte à l’hygiène et à la sécurité. Les agriculteurs directement concernés n’ont pas hésité à dénoncer la situation :
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents« Comme tous les ans depuis notre installation, a publié la bergerie des Bélugues sur Facebook, nous subissons l’intrusion illégale de la communauté des gens du voyage sur nos terres. Des terres sur lesquelles nous sommes endettés, que nous travaillons sans relâche pour arroser, entretenir et produire le foin nécessaire à notre troupeau pour l’hiver ».
« Ce n’est pas acceptable », réagit le préfet des Alpes-de-Haute-Provence
De son côté, le préfet des Alpes-de-Haute-Provence, Marc Chappuis, n’a pas manqué de hausser le ton. « Chaque année, nous avons à faire face à des installations non prévues. Ce n’est pas acceptable de s’installer de manière illicite sur un terrain. Je le déplore, affirme-t-il sans ambages. On veille à ce que la sécurité soit assurée, les forces de l’ordre sont mobilisées, notamment sur les branchements », ajoute le représentant de l’État.
« Je me suis rapproché du pasteur » de la communauté « pour lui indiquer qu’il fallait s’en aller au plus vite. On est prêt à engager des actions juridiques, dans le dialogue, avec les élus, avec les gens du voyage« , déclare-t-il.
Une deuxième aire d’accueil est prévue dans le secteur de Sisteron. Reste à savoir jusqu’à quand les gens du voyage squatteront-ils le terrain manosquin.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageurs« Face à ces deux installations subies, le Préfet des Alpes Haute Provence n’a pas souhaité faire appel au concours de la force publique alors même que l’Aire de Grand Passage d’Oraison était en état d’accueillir les gens du voyage », dénonçaient encore ce vendredi 4 juillet, Daniel Spagnou et Camille Galtier, à travers un communiqué commun.

