« Une fournaise » : En Seine-Saint-Denis, les gens du voyage suffoquent sous la chaleur et la pollution

En Seine-Saint-Denis, la canicule transforme l’aire d’accueil des gens du voyage en zone invivable, coincés entre autoroute et aéroport.

Analyse IAavec
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Alors qu’une vague de chaleur étouffante frappe actuellement la France, les conditions de vie sur les aires d’accueil des gens du voyage deviennent insoutenables. À Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, plusieurs familles suffoquent sous la canicule, la pollution et l’indifférence.

«Vivre ici nous tue à petit feu »

À Aulnay-sous-Bois, l’aire d’accueil est coincée entre l’autoroute A1 et l’aéroport du Bourget. En pleine canicule, Maxime Meyer, 51 ans, alerte : « Cette fournaise ne fait qu’aggraver la pollution. Regardez la poussière accumulée sur ma voiture : je fais des bronchites de deux mois à cause des particules fines ». Entourées d’infrastructures polluantes, les familles se sentent reléguées, oubliées par les pouvoirs publics.

« On est la dernière des préoccupations des politiques, on nous met là où personne ne voudrait être », déplore une certaine Denise auprès de Reporterre, le média indépendant dédié à l’écologie. «On est pire que des rats, on avale plus de poussière que d’air », estime une autre.

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«Vivre ici nous tue à petit feu : moi j’ai une bronchite chronique, et le docteur m’a clairement dit que tant que je vivrais là, ça durerait», confie Jean-Jacques.

« Des conditions assez invivables dans l’immense majorité des aires d’accueil en France »

Pour William Acker, juriste et membre de la communauté des gens du voyage, cette situation est « systémique » :  «On constate qu’en France, l’immense majorité des aires d’accueil n’ont pas d’arbres et sont majoritairement recouvertes de béton ou de goudron, des matières qui absorbent beaucoup la chaleur. Ce sont des conditions assez invivables, révèle le spécialiste des aires d’accueil.  À cela, s’ajoute la pollution ».

Selon lui, la clé du problème est pourtant évidente : «Dans la conception des aires d’accueil, il faudrait prévoir des arbres et créer des préaux. C’est le b.a.-ba.»

« Cet endroit ne devrait (même) pas s’appeler « aire d’accueil » »

À Tremblay-en-France, ce n’est pas mieux. L’aire dite « Terrain des pierres » est installée entre un cimetière, un crématorium, une voie rapide et l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

« Cet endroit ne devrait pas s’appeler « aire d’accueil » : il n’est pas accueillant », réagit pour sa part Émile Scheitz, 62 ans. Les nuisances sonores dues aux avions sont constantes :

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« Tout tremble à l’intérieur de nos caravanes, raconte l’ancien président de l’Association familiale pour les gens du voyage en Île-de-France (AFGVIF). Parfois, on ne s’entend plus causer. Des objets tombent, la vaisselle casse et la télévision se débranche ».

«Personne ne devrait vivre ici», soutient Maryse, une mère de famille inquiète pour la santé de ses deux fils : «c’est tracassant de voir naître et grandir ses enfants en sachant pertinemment que l’air qu’ils respirent n’est pas bonMon fils de 9 ans a des maux de tête récurrents, se plaint-elle. J’aimerais qu’il vive dans un endroit plus sain.»


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