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À Eaunes, commune de la Haute-Garonne située au sud de Toulouse, le groupe scolaire André Audoin a été contraint de fermer ses portes en urgence. En cause : l’installation illégale, dès le samedi 21 juin 2025, d’un camp d’environ 200 caravanes de gens du voyage, sur les terrains du complexe sportif communal… en franchissant la cour de récréation de l’école.
Une fermeture décidée pour des raisons de sécurité
Dès le lundi 23 juin, face à la circulation de véhicules dans l’enceinte même de l’école, le maire Alain Sottil a pris la décision de fermer l’établissement par arrêté municipal. « Vous voyez ce véhicule, il circule dans la cour de récréation des enfants », alerte-t-il dans un reportage diffusé au JT de TF1.
Le risque d’accident, en pleine période scolaire, était jugé trop important. Résultat : les 228 élèves de maternelle et de primaire ont été renvoyés chez eux, privés d’école à quelques jours des grandes vacances.
Une installation illégale qui indigne la mairie
Les faits sont clairs : la communauté des gens du voyage, de confession évangélique, est entrée sur le site en forçant le portail du stade municipal. Des branchements électriques sauvages, des clôtures démontées, ainsi que l’accès libre à la cour de l’école expliquent la plainte déposée par la mairie.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsCe n’est pas une première : une occupation similaire avait eu lieu quatre ans plus tôt, coûtant près de 20 000 € de réparations.
« Ils arrivent, ils s’installent, ils plantent des pieux dans des endroits où on a des arrosages intégrés », déplore le maire, qui dénonce aussi une atteinte à la République et aux libertés.
La communauté évangélique livre sa version des faits
De leur côté, les membres du camp affirment avoir agi par nécessité : « On n’a pas la place, on ne peut pas faire autrement que de faire ça », explique une femme. Une autre ajoute : « L’école à côté, je comprends qu’ils ont un peu peur aussi, mais on a des enfants, on est des êtres humains comme tout le monde, on n’est pas méchants ».
Gino, l’un des pasteurs du groupe, précise : « Si on attend qu’on nous autorise, on ne va nulle part. On demande un champ, de l’eau, de l’électricité… Rien de plus. »
La préfecture face à l’urgence
Interpellée par la commune, la préfecture a entamé une procédure administrative pour trouble à l’ordre public. Une médiation a été entamée, avec l’engagement de la communauté à quitter les lieux dimanche 29 juin.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursEn attendant, les élèves restent chez eux, laissant des parents sans solution de garde. « Notre famille n’est pas sur la région, mon mari et moi travaillons. L’un de nous deux doit forcément garder les enfants », confie une mère de famille désemparée.
Une fin d’année scolaire amère
Pour les enseignants et le personnel, cette fermeture soudaine a un goût amer. « Ça m’a fait mal au cœur de laisser partir les enfants comme ça. Ce n’est pas une fin d’année comme d’habitude », confie une employée de l’école, émue.
La réouverture dépend désormais du départ effectif de la communauté et d’une décision rapide de la préfecture.

