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Depuis le 16 juin, plus de 120 caravanes de la communauté évangélique des gens du voyage ont investi un terrain privé de Cuges-les-Pins (Bouches-du-Rhône). De quoi créer un véritable “second village” au cœur de la commune, déplore le maire Bernard Destrost.
« Un second village » dans la commune
Avec près de 120 caravanes et 150 véhicules, un groupe des gens du voyage s’est installé sans autorisation sur un terrain privé de la plaine de Cuges, en l’absence d’aire d’accueil légale disponible. De quoi perturber le quotidien tranquille de la petite commune de presque 6 000 âmes depuis le 16 juin dernier.
La situation n’a d’ailleurs pas manqué de faire monter la tension dans ce village des Bouches-du-Rhône. Pour Bernard Destrost, maire de Cuges-les-Pins, le constat est sans appel : « C’est un deuxième village qui est apparu au centre du premier ».
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Une image forte pour décrire une implantation qui dépasse largement les capacités d’accueil de la commune. Cet afflux soudain de près de 350 personnes inquiète énormément les riverains.
Parmi les préoccupations figurent notamment les risques de départ de feu, jugés critiques en cette période estivale, la proximité avec la déchetterie et les problématiques de gestion des déchets.
« La présence des caravanes pose des problèmes d’hygiène, par manque de tout-à-l’égout ». Sans compter les nuisances sonores.
Une réunion publique qui vire au dérapage
Face à l’inquiétude grandissante, la mairie a convoqué une réunion publique tenue le samedi 21 juin dernier, dans la salle des Arcades. Une vingtaine de riverains ont fait le déplacement.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsOfficiellement prévue pour évoquer la cohabitation avec les travailleurs itinérants, la réunion a vite dégénéré en tribune contre les gens du voyage. Des propos virulents allaient bon train.
Certains habitants ont reproché à la mairie un manque d’anticipation, tandis que d’autres réclamaient des mesures fermes pour faire respecter la loi sur le territoire communal.
Une problématique récurrente liée au manque d’infrastructures
Comme dans d’autres communes voisines, le manque d’aires d’accueil dédiées pour les gens du voyage est au cœur du problème. La loi Besson du 5 juillet 2000 impose aux communes de plus de 5 000 habitants de prévoir des aires aménagées, ce qui n’est pas encore le cas à Cuges-les-Pins.
Pour les représentants de la communauté, l’installation sur ce terrain privé est un dernier recours, faute d’alternative. « On n’a pas d’autre choix, la Métropole ne respecte pas ses obligations », explique un responsable de la communauté venu de Valence.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursIl rappelle que les familles présentes vivent souvent de métiers saisonniers, de prédications évangéliques ou de petits commerces, et qu’elles aspirent simplement à un hébergement temporaire digne.

