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Face à la multiplication des installations illégales de gens du voyage dans le sud de la métropole lyonnaise, deux maires lancent un appel à l’aide au président de la Métropole. Les élus demandent un arrêté pour interdire le stationnement des caravanes sur des terrains publics et privés, hors des aires d’accueil autorisées.
Des campements illégaux incontrôlables
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase remonte à fin mai 2025, lorsque plus de 60 familles issues de la communauté des gens du voyage se sont installées sans autorisation sur le site du CEPAJ, à Saint-Genis-Laval, « faute de place sur l’aire de Montagny ».
Malgré une intervention de la gendarmerie, aucun dispositif d’expulsion n’a pu être mis en œuvre immédiatement. Seuls deux élus de permanence et une responsable du site ont dû gérer la situation, face à une occupation massive et tendue.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Quelques jours plus tard, le problème se déplace : 85 caravanes investissent illégalement le stade de Vernaison, sur la commune voisine de Solaize. Le même groupe a « forcé les accès par découpe des grillages et par effraction des cadenas », rapporte Lyon Capitale.
Pour Julien Vuillemard, maire de Vernaison, c’est une démonstration de « l’impuissance des communes » face à un phénomène grandissant.
Ce cri d’alerte des élus au président de la Métropole
Marylène Millet, maire de Saint-Genis-Laval, aboutit à la même conclusion. Dans une lettre co-signée avec son homologue de Vernaison, elle déplore la « lenteur des réponses de l’État » et de la Métropole.
« Ces situations répétées sont le symbole d’un malaise plus profond que vivent les maires aujourd’hui : solitude, exposition permanente et absence de soutien opérationnel clair de la part des autorités compétentes. Le flou juridique nourrit l’impuissance locale et alimente les tensions avec les habitants », écrivent-ils, le 2 juin.
Les deux maires « réclament des outils adaptés »
Ils rappellent que pour les communes de Saint-Genis-Laval et Vernaison, « la compétence » pour la gestion des aires d’accueil des gens du voyage appartient à la Métropole de Lyon, dans le cadre du schéma départemental d’accueil prévu par la loi Besson de 2000.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents« Or, celle-ci accuse un retard qui sature les aires existantes et déplace la pression sur les communes et terrains privés », peut-on y lire.
Les deux maires ont demandé au président de la Métropole de prendre un arrêté interdisant le stationnement des caravanes en dehors des aires aménagées.
Ce texte ne résoudrait pas tout, reconnaissent-ils, « mais constituerait un levier juridique » supplémentaire pour leur permettre d’agir. « Les élus locaux ne fuient pas leurs responsabilités, mais ils réclament des outils adaptés et un soutien clair de l’État ».
Les arrivées de gens du voyage se multiplient sur les terrains privés
Le phénomène ne s’arrête pas à ces deux villes. Le week-end du 8 juin, plus de 150 caravanes ont été signalées dans les communes du Rhône. À Villefranche-sur-Saône, environ 100 véhicules sont arrivés sur un terrain privé.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursÀ Neuville-sur-Saône, une cinquantaine de caravanes se sont installées illégalement à côté du stade municipal, se branchant sans autorisation aux réseaux. L’établissement propriétaire du terrain a déposé plainte.

