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Lundi 2 juin 2025, plus de 150 caravanes appartenant à la communauté des gens du voyage ont pris position sans autorisation sur un terrain situé à Auch, dans le secteur de la prairie d’Endoumingue. Cette occupation illégale a entraîné le déploiement rapide d’un important dispositif des forces de l’ordre pour tenter de rétablir la situation. Retour sur cette journée particulièrement tumultueuse.
Une installation sauvage qui crée des tensions à Auch
Une impression de déjà-vu, dites-vous ? C’est souvent le cas. Pourtant, chaque installation non autorisée de gens du voyage apporte son lot de défis pour les autorités locales, contraintes de gérer la situation dans l’urgence.
Ce lundi 2 juin, une arrivée massive de caravanes a provoqué d’importantes perturbations entre l’avenue Jean-Jaurès et le rond-point des Justes, à Auch.
À lireAcross Car de retour en France avec des camping-cars et fourgons aménagés pour tous les besoinsEntre midi et 14 heures, plus d’une centaine de véhicules se sont installés sur la plaine d’Endoumingue, sans la moindre autorisation.
Face à cette installation sauvage orchestrée par des membres de la communauté des gens du voyage, les autorités ont rapidement déployé d’importantes forces, mêlant police nationale et municipale, pour encadrer le convoi. Ces dernières se sont retirées vers 13 h 30.
D’après les derniers chiffres officiels, selon La dépêche, 160 caravanes occupent depuis ce jour les lieux.
Capacité insuffisante de l’aire de grand passage à Auch
D’après les autorités, l’association évangélique Action Grand Passage avait néanmoins anticipé l’arrivée en soumettant une demande d’autorisation en fin de semaine précédente.
À lireCamping-car : les retraités restent les plus grands adeptes de ce mode de transport, « À notre âge, confort avant tout »Refusant de s’installer sur l’aire d’accueil dédiée, les membres de la communauté ont finalement été orientés vers d’autres départements, notamment le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne.
« Nous avons bien reçu un courrier en février pour nous informer du souhait de la communauté de séjourner dans le département, mais il était question de 80 caravanes. Puis nous avons été informés il y a une semaine que ce serait 180 caravanes, ce qui n’est pas pareil. C’est la politique du fait accompli », dénonce le préfet du Gers, Alain Castanier.
Ce dernier a indiqué au passage vouloir prendre un arrêté pour demander aux occupants illégaux de quitter les lieux.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Située route de l’Arçon, à Auch, l’aire destinée aux grands passages de la communauté des gens du voyage répond à des critères bien précis.
Selon le décret de 2019 (article 1), ce type d’aménagement doit couvrir une surface minimale de 4 hectares, sauf dérogation accordée par le préfet après consultation du conseil départemental.
En principe, une aire de grand passage est conçue pour accueillir au moins 50 caravanes. Celle d’Auch peut en recevoir entre 70 et 80, selon les capacités actuelles.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents« Nous avons une capacité de 80 emplacements, ce qui fait que quand le nombre de caravanes est au-dessus, nous ne pouvons pas les recevoir », confirme le président de l’agglomération du Grand Auch, Bernard Pensivy.
Et de poursuivre : « On essaie de trouver un terrain pour aménager une aire plus adaptée, mais pour l’instant, ça n’avance pas. Nous avons des commissions annuellement, des rencontres avec la préfecture, mais ce n’est jamais simple ».
Et d’ajouter : « Quand vous envisagez un projet à un endroit, il y a des obstacles, ce n’est jamais évident ».
La version de la communauté évangélique
Le pasteur Bruno, l’un des responsables de la communauté, admet que la prairie d’Endoumingue n’est pas un emplacement adapté à l’accueil de caravanes.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursToutefois, il précise que l’aire de grand passage d’Auch n’était pas en capacité de recevoir un groupe aussi important.
« Nous, on veut juste pouvoir rester tranquillement pendant deux semaines, ici à Auch, comme nous l’avions prévu. Et puis le 15 juin, nous partirons. Nous sommes en mission, nous sommes là pour nous réunir, nous retrouver et prier. Rien de plus », explique-t-il.

