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Un projet de loi en discussion à l’Assemblée nationale pourrait bouleverser le quotidien de milliers d’automobilistes français. Ces derniers risquent en effet de se voir retirer leur permis de conduire.
Une réforme du permis de conduire CHOC
Ce projet de loi portée par le député Frédéric Valletoux, ancien ministre de la Santé, propose en effet de « conditionner l’obtention du permis de conduire ainsi que son renouvellement, […] tous les quinze ans, à une visite médicale. Cette visite sera effectuée tous les cinq ans lorsque le conducteur est âgé de 70 ans ou plus ».
Objectif affiché : améliorer la sécurité routière. Non sans surprise, cette réforme du permis de conduire s’accompagne déjà d’une vague de mécontentement.
À lireDordogne : Un gérant suspecté de vendre 70 camping-cars sans payer les propriétairesLe texte, cosigné par une centaine de parlementaires, entend évaluer ainsi l’aptitude à la conduite des seniors. Il s’agit d’éviter que des conducteurs souffrant de troubles de la vision, de réflexes ralentis ou de maladies chroniques ne mettent en danger les autres usagers de la route.
Mais cette proposition de loi est loin de mettre tout le monde d’accord. Bon nombre d’automobilistes seniors y voient plutôt une atteinte à leur liberté de se déplacer.
Dans les zones rurales privées de transports en commun, perdre son permis revient souvent à perdre son autonomie.
« Les opposants à la mesure sont mobilisés »
Des associations comme « 40 millions d’automobilistes » dénoncent cette mesure, qu’elles jugent discriminatoire et injustifiée, et ont déjà lancé des pétitions pour s’y opposer.
À lireHausse de la fréquentation sur l’aire de camping-carsSi elle n’est pas encore passée en commission des lois, ce projet pourrait bien ne jamais voir le jour. Du moins, d’un point de vue politique.
Et pour cause : « le gouvernement déjà très fragile ne soutiendra pas une mesure qui pourrait lui aliéner une partie des électeurs », explique un expert dans les colonnes du journal Les Echos.
« De surcroît, ces visites médicales supplémentaires occasionneraient un surcroît de dépenses pour la Sécurité sociale, alors qu’il s’agit surtout aujourd’hui de faire des économies, appuie-t-il. Dans les déserts médicaux, elles seraient également compliquées à organiser », où il est déjà difficile de consulter un médecin généraliste.
Une autoévaluation par questionnaire
À l’échelle européenne, le débat a également agité les institutions. Si la Commission européenne a envisagé d’imposer un contrôle médical lors du renouvellement du permis, elle a finalement opté pour une simple autoévaluation par questionnaire. En France, cette solution semble aussi privilégiée à ce jour.
À lireUn jeune dentiste transforme son camping-car en cabinet dentaire itinérant pour aider les personnes dans le besoin.Le dilemme entre liberté individuelle et sécurité collective reste entier. Entre la volonté de prévenir les accidents et le refus d’imposer des contraintes jugées excessives, le gouvernement se retrouve face à un sujet brûlant.

