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À Douarnenez (Finistère), la colère gronde parmi les habitants confrontés, été après été, à des installations illégales de caravanes appartenant à des groupes de gens du voyage. Malgré la présence d’une aire d’accueil officielle, ces occupations sauvages sont à l’origine des nuisances répétées et d’un mécontentement grandissant dans plusieurs quartiers de la ville.
Des gens du voyage investissent le parking d’une ancienne école de pêche, les riverains n’en peuvent plus…
Depuis deux étés consécutifs, le même groupe s’installe sans autorisation sur le parking de l’ancienne école de pêche, au Port-Rhu. Les habitants des immeubles voisins dénoncent une dégradation de leur cadre de vie.
Lundi 18 août 2025, au lendemain du départ de ces caravanes, Hélène et Sandrine, riveraines du boulevard Général-De-Gaulle, font part de leur épuisement auprès du quotidien régional Ouest France : « Tant qu’on ne l’a pas vécu, on ne se rend pas compte. On n’en peut plus. »
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsSelon elles, le problème ne se limite pas au bruit et aux allées et venues. Les riverains évoquent des déchets abandonnés, des besoins faits en plein air et des nuisances continues pendant plusieurs jours. Une situation déjà vécue la saison estivale précédente, et qui semble se répéter.
… Alors que Douarnenez est bien dans les clous
Pourtant, Douarnenez dispose d’une aire d’accueil des gens du voyage, implantée à Pénity depuis 2003. Gérée par Douarnenez Communauté puis confiée à l’entreprise ACGV en 2020, elle dispose de 40 places de caravanes réparties sur 24 emplacements. En d’autres termes, elle répond aux obligations légales prévues par la loi Besson.
Une étude récente souligne que l’aire est jugée « agréable » par ses occupants. Mais dans les faits, les élus doivent gérer nombreuses situations conflictuelles.
« Au fil des années les collectivités se sont transformées en médiateurs pour faciliter le dialogue avec une population résidant sur l’Aire qui est, pour certains, en constant rapport de force : impayés multiples et récidivistes, agressions verbales et physiques à répétition à l’encontre des administrateurs et des agents, dégradations volontaires des locaux et des équipements mis à disposition… », indiquait Philippe Audurier, l’ancien président de Douarnenez Communauté, remplacé depuis par Jocelyne Poitevin, actuelle maire de la ville.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursLes chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 9 000 € de dettes en 2021 liées à l’occupation des emplacements, 86 000 € de frais annuels pour l’entretien et les réparations, sans compter les multiples plaintes déposées pour intimidations, insultes ou menaces.
“Nous sommes toujours mis devant le fait accompli »
Cette occupation illégale au Port-Rhu fait écho à celle du 26 juin 2024, lorsqu’une douzaine de caravanes s’étaient installées sur un terrain communal du quartier de Bréhuel. Jocelyne Poitevin, maire de Douarnenez, n’avait alors pas caché sa frustration.
“Nous ne pouvons que déplorer ce genre d’installation, nous sommes toujours mis devant le fait accompli », réagissait-elle d’antan.

