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Avec plus de 600 000 camping-cars actuellement en circulation en France, certaines municipalités décident de restreindre leur stationnement pour mieux encadrer le tourisme nomade. Barres de hauteur sur les parkings, interdictions nocturnes et panneaux signalétiques se multiplient, provoquant l’incompréhension des associations de camping-caristes. Patrick Lablanche, président de la Fédération française des associations et clubs de camping-car, dénonce des décisions « discriminantes » qui ciblent ces voyageurs.
Des arrêtés municipaux pointés du doigt
De multiples arrêtés municipaux ont déjà été jugés abusifs par la justice. En janvier 2025, par exemple, les communes de Mansigné (Sarthe) et Damvix (Vendée) ont vu leurs interdictions de stationnement nocturne annulées par le tribunal administratif de Nantes.
Le cadre juridique reste flou, mais la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation, Françoise Gatel, a rappelé le 17 juillet que les camping-cars ne peuvent être privés de stationnement sur le domaine public tant que celui-ci n’est « ni dangereux, ni gênant ni abusif ».
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsSelon le Code de la route, ces véhicules de loisirs voient s’appliquer des règles identiques à celles des voitures.
« C’est de plus en plus cher. »
Si certaines communes durcissent les mesures, d’autres continuent d’accueillir « les camping-caristes (qui) font vivre les municipalités toute l’année ». Comme l’a rappelé Patrick Lablanche, « ils représentent une manne importante du tourisme, même hors saison ».
La Bretagne reste la région la plus prisée. Michel et Christiane Rousseau, camping-caristes depuis une bonne quinzaine d’années, confient : « On est bien accueillis dans l’ensemble, mais c’est de plus en plus cher. »
Lors d’une étape à Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), non loin de Saint-Malo, le couple paie 13,50 € pour 24 heures sur une aire dédiée. Pour optimiser leurs frais, ils choisissent « parfois des campings » offrant les mêmes tarifs avec des commodités supplémentaires comme « l’accès à la piscine ».
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursSur le littoral, Vivier-sur-Mer propose une aire Camping-car Park où quelques vingtaine de véhicules peuvent séjourner pour 15,40 € les 24 heures. Muriel Bordier, gérante du café La Mouette Rieuse, explique : « C’est normal de payer pour les commodités, et ça rapporte à la commune. »
Des restrictions pour lutter contre les incivilités
Les restrictions peuvent aussi viser la protection de l’environnement ou la prévention des incivilités. À Saint-Quay-Portrieux (Côtes-d’Armor), le maire Thierry Simelière souligne que « parfois il y avait jusqu’à 70 camping-caristes qui campaient sur le port et déversaient leurs eaux grises ».
Pour limiter les nuisances, un arrêté interdit depuis 2016 le stationnement « sur le parking du port d’avril à octobre. Le reste de l’année, nous autorisons leur venue seulement la nuit de 20 h à 9 h à condition de ne pas camper ». Malgré les contrôles réguliers, « il y a peu de verbalisations », souligne l’édile.

