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Entre changement d’activité, retraite, restructuration des fermes… De nombreux bâtiments agricoles restent inutilisés dans les exploitations. Face à la difficulté que rencontrent les propriétaires de vans, caravanes ou camping-cars pour stationner leur véhicule de loisir, certains agriculteurs n’hésitent pas de louer leurs hangars inoccupés pour générer un complément de revenu. Une solution gagnant-gagnant, en plein essor dans les campagnes françaises, notamment grâce à la plateforme en ligne française Monhangar.fr.
Les places ne suffisent pas pour répondre à la demande
Le concept est simple : mettre en relation les exploitants agricoles disposant de hangars vacants avec des particuliers cherchant un endroit sécurisé pour garer leur véhicule de loisir.
« Nous conseillons et accompagnons les agriculteurs : on fait en sorte que tout soit simple, fluide et que cela prenne le temps de moins possible, car ce n’est pas son activité principale. Tout en permettant de faire de cette location un vrai complément de revenu », explique Joris Baco, fondateur du site Monhangar.fr.
À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?Dans la région Poitou-Charentes, la demande est telle qu’on « manque même de places » pour accueillir toutes les caravanes, camping-cars, bateaux ou voitures de collection.
Une idée rentable pour les agriculteurs
Pour les agriculteurs, ce système permet de valoriser des surfaces inexploitées tout en arrondissant leurs fins de mois sans gros efforts.
« C’est intéressant : cela permet de rembourser une partie de l’emprunt que l’on a contracté pour acquérir la ferme », confie un certain Laurent Coussy, exploitant dans la Vienne.
Laurent loue son hangar d’environ 1000 m² pour une quarantaine d’euros par mois. Une somme modeste à première vue, mais qui, cumulée sur plusieurs locataires, constitue un revenu complémentaire non négligeable.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsDe plus, tient à ajouter l’agriculteur installé à Celles-Levescault, « elle m’apporte des relations avec des gens du coin, c’est le principal. C’est un hangar qui est vide, autant qu’il serve à d’autres personnes. »
Un service gagnant-gagnant
Pour les propriétaires de camping-cars comme Patrick, c’est aussi un très bon plan. Et pour cause, explique-t-il au micro de France 3 Nouvelle Aquitaine, « je dois veiller à ce qu’il ne s’altère pas : en hiver par rapport à la pluie, et en été par rapport au soleil. Il est bien remisé lorsqu’il est dans un endroit sécurisé et aéré. »
Le camping-cariste d’ensuite poursuivre : « Le plus intéressant pour moi était d’avoir un lieu à proximité de mon domicile. J’ai pu avoir le lieu précis et j’ai pu entrer en contact avec le propriétaire du hangar. »
Pour Jean-Louis Burgat, qui gare son fourgon dans un hangar près de chez lui : « On ne peut pas laisser un tel fourgon dans une simple rue plusieurs semaines sans le bouger. C’est donc une très bonne solution, sécurisée et financièrement abordable. »
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursIl confie par ailleurs : « Cela m’a permis de découvrir Guillaume, le propriétaire qui est aussi agriculteur, et donc on participe un peu à l’agriculture quelque part. »
Jusqu’à 68 euros par mois, sans frais pour les agriculteurs
Certains agriculteurs, comme Guillaume Murail, gagnent jusqu’à 68 € par mois par véhicule. La plateforme, elle, prélève uniquement une commission sur le locataire. Comme le souligne Joris Baco, « le parti pris est de ne pas faire payer l’agriculteur, 100 % de la rémunération qu’il souhaite est pour l’agriculteur. »
En 2024, plus d’un million d’euros ont ainsi été redistribués à des exploitants agricoles via ce système. Une preuve que ce modèle de location solidaire fonctionne et répond à deux besoins concrets : rentabiliser l’espace vide à la ferme et offrir une solution de stationnement sécurisée aux propriétaires de véhicules de loisirs.

