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Depuis dimanche 3 août 2025, la commune de Muret, au sud de Toulouse, a vu l’arrivée de plus de 600 caravanes des gens du voyage. Ils se sont installés illégalement sur la zone des Bonnets, un site municipal destiné aux loisirs. Un chiffre qui pourrait même atteindre le millier, selon les autorités.
« On est mis devant le fait accompli » : les gens du voyage à Muret avec un « camp de 700, voire 1 000 caravanes »
Cette installation géante a pris tout le monde de court, y compris les services de l’État. Selon le sous-préfet Jean-Luc Blondel, « le groupe de Jacky Flores nous a écrit en janvier 2025 pour indiquer qu’il projetait de s’installer sur le secteur de Toulouse Métropole avec 150 caravanes au 17 août. Là, il arrive avec 600 caravanes le 3 août ».
Ce changement soudain de date et de lieu a conduit la préfecture à proposer en urgence le terrain de Muret. « On a appris qu’ils allaient venir quand ils étaient là », déplore André Mandement, maire (PS) de Muret. « On est mis devant le fait accompli, alors que la préfecture avait des informations ».
Tensions locales et coupures d’électricité
La cohabitation est, sans surprise, très compliquée. L’arrivée de 3 000 à 4 000 personnes a mis sous pression les infrastructures locales. Et il y a de quoi !« S’ils tirent sur l’électricité, la clim’ et la flotte, il n’y en a plus pour les autres », s’inquiète André Mandement.
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents« Tout le quartier ainsi que Muret-Plage ont été momentanément coupés ». Enedis a confirmé que la puissance électrique demandée avait saturé plusieurs postes. Des coupures ont été constatées dans les environs, et la situation a nécessité des renforcements d’urgence sur le réseau.
Risques sanitaires et sécurité en question
L’occupation du terrain ne répond à aucune norme d’accueil : pas de sanitaires, déchets en hausse, terrain sec en pleine canicule, et raccordements électriques improvisés. « Ça pose un vrai problème de sécurité, d’approvisionnement en eau, sur un terrain archi-sec », souligne Christophe Delahaye, premier adjoint à la mairie de Muret.
L’État, bien que pointé du doigt, a pris des mesures. Un arrêté d’expulsion a été signé mercredi 6 août, laissant aux occupants 48 heures pour quitter les lieux. En cas de refus, des unités de CRS et de gendarmes mobiles pourraient intervenir.
« On n’est pas des agences de tourisme destinées à installer les gens du voyage », réagit le sous-préfet de l’arrondissement de Muret, face à cette irruption des gens du voyage aux Bonnets.
Un phénomène récurrent à Muret
Cette arrivée record n’est pas un cas isolé. Depuis le début de l’année, 1 750 caravanes ont été comptabilisées sur des occupations illicites dans la commune. À chaque fois, tensions, nuisances et perturbations locales s’enchaînent : écoles fermées, matchs annulés, et équipements publics bloqués.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageurs« On n’est pas des voyous. Si on est venu ici, c’est sur recommandation de la préfecture. Il n’y avait rien de disponible sur Toulouse Métropole », défend Jacky, représentant des gens du voyage. « On doit rester jusqu’au 17 août, date où chacun reprendra sa route partout en France ».

