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À Pierrelatte, dans la Drôme, la justice a ordonné l’expulsion des 140 caravanes de la communauté des gens du voyage qui s’étaient installées depuis le 7 juillet 2025 sur le site du lac de Pignedoré. En réponse à cette occupation illégale, le juge des référés du tribunal judiciaire de Valence a autorisé le recours à la force publique et imposé une astreinte de 1 000 euros par jour et par occupant tant que les lieux ne sont pas libérés.
140 caravanes des gens du voyage se sont installées sans autorisation au lac de Pignedoré
Cette décision, notifiée par un commissaire de justice, intervient après la saisie en référé de la mairie de Pierrelatte, alertée par l’arrivée soudaine de près de 500 personnes du groupe des gens du voyage.
Le maire, Alain Gallu, explique à ICI Drôme Ardèche : « Ils se sont installés sur les berges du lac, là où les gens se reposent et mettent leurs serviettes. Tant que ces gens sont là, on est obligé de fermer la totalité du lac. »
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsSelon l’élu, le groupe est arrivé en plusieurs vagues. « Il y avait 80 caravanes qui étaient déjà là, et au bout de quelques heures de négociations, les forces de l’ordre ont reçu l’ordre de laisser rentrer les dernières qui se trouvaient sur la voie publique. Du coup, 140 caravanes sont à l’intérieur de l’enceinte. » Un portail aurait été fracturé et un grillage découpé pour permettre l’accès à l’intérieur de cette propriété de la commune.
Impact de la fermeture forcée du site de baignade
Le lac a été contraint de fermer son accès au public. Une décision loin d’être sans conséquences. Jusqu’à 2 000 personnes fréquentent habituellement le site chaque jour en été. Les activités touristiques sont effectivement à l’arrêt.
« Un commerçant a dû fermer sa guinguette et mettre son personnel en congé. Il espère que ça ne va pas durer, sinon il les mettra au chômage technique », ajoute le maire. Les maîtres-nageurs municipaux ont, eux aussi, été renvoyés temporairement chez eux.
En plus du préjudice économique, la sécurité et l’environnement sont en jeu. Le site, non équipé pour accueillir un tel afflux, fait craindre des rejets d’eaux usées dans le lac, nécessitant des analyses avant une éventuelle réouverture. La zone étant également classée inondable, ce détail inquiète beaucoup les autorités.
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursDu côté de la communauté, les membres assurent avoir informé les autorités de leur passage depuis février. Ils souhaitent rester jusqu’à vendredi. Pour l’édile, cette situation est le reflet d’un manque d’infrastructures adaptées.
« Nous subissons les dégâts »
« On nous a toujours refusé de faire des aires de camping-car. Notre Département, la Drôme, mais aussi le Vaucluse, doivent créer une aire de grand passage. Comme rien n’est fait, ces gens-là utilisent des domaines publics. »
Le maire se dit amer et inquiet pour l’état du site de baignade après le départ : « Ces gens-là ne respectent aucune règle. Nous subissons les dégâts et nous allons les payer. Personne ne sera là pour réparer ce qu’ils auront cassé. » Il évoque déjà des arbres coupés et un site à remettre en état.
Certaines caravanes ont commencé à quitter les lieux après décision du tribunal
Le campement était en cours de démantèlement dans la matinée du 10 juillet. Reste à voir combien de jours l’astreinte financière de 1 000 euros par jour et par caravane devra encore s’appliquer avant une évacuation complète du site.

