Crise immobilière : ils campent pour acheter des terrains à prix cassé

Terrains à moitié prix en Bretagne : des acheteurs plantent leur tente pour réserver leur parcelle.

Analyse IAavec
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À Concarneau, dans le Finistère, des dizaines de futurs acquéreurs campent sur un terrain constructible, tentes dressées et chaises pliantes sous un soleil accablant depuis plusieurs jours. Leur objectif ? Réserver l’un des 78 lots mis en vente à moitié prix, avant qu’ils ne soient tous pris d’assaut.

Acheter un terrain en Bretagne : quand il faut planter sa tente pour devenir propriétaire

« Ça fait un mois qu’on connaît la date pour laquelle on doit réserver le terrain », explique Laurine à TF1, carte en main, en attendant son tour. L’émotion est palpable.

Pour beaucoup, c’est l’occasion unique de concrétiser un rêve. « C’est le projet d’une vie. C’est vraiment ça. Sans ça, on avance, mais sans but », confie une autre campeuse, déterminée à ne pas repartir les mains vides.

Des prix au sol, une demande en flèche

Le 20 juin dernier, ce sont 400 acheteurs potentiels qui se sont pressés pour ces 78 terrains. Avec un prix fixé à 150 € le mètre carré, contre 350 € habituellement, l’opération séduit. Cette remise exceptionnelle est rendue possible grâce à une offre de l’État.

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Et ce n’est un secret pour personne : ce genre d’opportunité se fait de plus en plus rare. « Demain, elles le seront (davantage), parce que l’urbanisation atteint ses limites », indique au micro de TF1, Gildas Le Grand, directeur général de l’Opac Quimper-Cornouaille.

L’accès à la propriété devient un luxe dans certaines zones, d’autant plus que l’offre foncière se réduit à mesure que les communes saturent. Ce type de produit ne sera sans doute plus disponible dans les années qui viennent« , ajoute-t-il.

Une organisation spontanée

Avec la hausse continue du nombre des candidats à l’achat, les campeurs ont décidé de s’organiser. Une liste de noms a été créée pour structurer les arrivées et gérer les priorités.

« Au fur et à mesure des arrivées, ils devenaient vraiment très nombreux, et on a mis en place ce carnet », témoigne une participante. Déjà 46 noms y figurent, preuve de la tension autour de cette vente.

Le rêve de propriété, malgré la crise

Non loin du terrain convoité, les constructions fleurissent. Certains, comme Virginie, ont déjà eu le temps de franchir le pas. « J’avais besoin de me poser et d’arrêter d’être locataire pour éviter de continuer à payer des loyers. Le fait que ça soit à moi, je peux en faire ce que je veux. C’est un soulagement », confie-t-elle, devenue propriétaire à 52 ans.

Une pénurie aux effets sociaux inquiétants

La ruée sur ces lots révèle une crise du logement. En cinq ans, les prix de l’immobilier ont grimpé de 32 % dans le Finistère. Selon Régis Gautherie, de l’agence LN Immobilier à Concarneau, « on a aussi peu de biens en location, donc cette rareté fait que les gens ont un problème pour se loger ».

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À tel point que la pénurie immobilière empêche aujourd’hui les embauches. En Bretagne, 50% des offres d’emploi restent sans réponse, faute de logements disponibles pour les salariés potentiels.


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