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À la maison d’arrêt de Grasse, une permission de sortie accordée à cinq détenus provoque l’ire du syndicat SPS-CEA. Encadrés par deux agents du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) et un moniteur, les détenus ont participé à une sortie dans le Parc national du Mercantour. Selon le syndicat, cette initiative s’apparente à des « vacances au camping », un terme employé dans un tract dénonçant un « mépris total » envers les surveillants pénitentiaires déjà sur tous les fronts.
Des détenus ont bénéficié d’une permission dans le Mercantour, le syndicat s’indigne
Le syndicat SPS-CEA fustige une permission jugée irresponsable dans un contexte de surpopulation carcérale. La maison d’arrêt de Grasse accueille actuellement environ « 780 détenus pour 574 places théoriques », soit un taux d’occupation de près de 140 %.
Dans le même temps, les effectifs sont insuffisants : seulement 140 surveillants pénitentiaires en poste, alors que 170 seraient nécessaires. Et cet été, 27 départs sont prévus, pour des arrivées encore incertaines. « La situation est vraiment compliquée pour nos agents de détention, déplore le SPS-CEA.
À lireDordogne : Un gérant suspecté de vendre 70 camping-cars sans payer les propriétairesLe syndicat s’insurge : « La direction ose accorder une permission de sortie dans un camping à cinq détenus ! C’est une provocation irresponsable, une insulte à notre engagement, à notre fatigue, à nos sacrifices. » Pour eux, il est inacceptable que ces permissions soient maintenues tant que les conditions de travail ne sont pas jugées décemment supportables.
« La direction joue avec le feu, pendant que les surveillants, eux, n’ont même plus de quoi dormir entre deux services. », est-il relayé par Nice-matin.
«C’est arrivé qu’un agent surveille deux étages à lui seul», révèle au Figaro, Quentin Deveyer, du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS).
Une sortie bénévole, selon l’administration
Du côté de l’administration pénitentiaire, les versions divergent. Des sources internes affirment que la sortie relevait d’une « action de bénévolat, organisée à la demande du Parc du Mercantour », et non d’un séjour récréatif.
À lireHausse de la fréquentation sur l’aire de camping-carsCe type de permission vise à favoriser la réinsertion des détenus en leur proposant des activités utiles à la collectivité.
Interrogée, la direction n’a pas encore communiqué officiellement. Toutefois, certains interlocuteurs internes estiment que les critiques syndicales relèvent d’une « instrumentalisation« , affirmant que « cette histoire, c’est du n’importe quoi ».
« La prison, ce n’est pas le Club Med ! »
Le député RN des Alpes-Maritimes, Lionel Tivoli, s’est rendu à la prison de Grasse pour faire un point sur la situation. Il n’a pas manqué de faire part de son inquiétude face au manque de personnel, à la gestion des permissions et aux nombreuses activités proposées aux détenus.
« Toutes ces activités récréatives me font rappeler que la prison, ce n’est pas le Club Med ! » a-t-il déclaré, tout en dénonçant un système devenu selon lui trop permissif.
À lireUn jeune dentiste transforme son camping-car en cabinet dentaire itinérant pour aider les personnes dans le besoin.La directrice adjointe, Radia Benhamouda, a répliqué : « Je préfère que les détenus dépensent leur énergie sur le stade que sur les surveillants. » Elle a aussi alerté sur le manque de personnel médical, avec un seul médecin à temps partiel pour l’ensemble des détenus.

