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Un sabotage volontaire a empêché l’installation de plusieurs caravanes sur une aire de grand passage provisoire pour les gens du voyage à Saint-Étienne-de-Tulmont (Tarn-et-Garonne). Dans la nuit du 7 au 8 juin 2025, des vis, boulons et clous ont été répandus sur le terrain, pour empêcher l’accueil d’un groupe de 24 caravanes. En réaction, une caméra de sécurité a été installée sur place pour éviter tout nouvel acte de malveillance.
Une mesure de sécurité s’impose
Le comble de l’histoire, c’est que ce terrain agricole, réquisitionné par la préfecture le 15 avril, devait servir d’aire d’accueil pendant l’été. Malgré les protestations des riverains et des oppositions juridiques, l’État a maintenu son projet.
La directrice de cabinet du préfet, Bénédicte Martineau, confirme qu’un calendrier de passage est en place jusqu’à fin août, avec des groupes pouvant compter jusqu’à 100 caravanes. « L’aire peut rester ouverte si nécessaire jusqu’à début octobre », précise-t-elle.
Pour assurer la sécurité des installations et ramener le calme, une caméra de surveillance a été posée, ciblant uniquement le terrain privé. « Il ne s’agit pas de vidéoprotection mais d’une caméra de sécurité », précise la préfecture. « Elle a été installée dans le cadre des dispositions en vigueur ».
La colère du préfet face à des actes « stupides et irresponsables »
Le préfet Vincent Roberti a vivement réagi à ce sabotage dans les colonnes de La Dépêche : « C’est un terrain qui a été payé par de l’argent public, donc en partie par l’argent des auteurs de ces actes stupides et irresponsables, qui mettent à mal un équipement alors qu’il est justement fait pour faire respecter l’ordre public et éviter les campements sauvages. »
À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différentsIl pointe du doigt certains riverains, bien que non identifiés officiellement, comme potentiels responsables : « Ce que je ne supporte pas, c’est que ce sont certains riverains qui ont fait ça… » Et d’ajouter fermement : « On ne peut pas, par soi-même, faire la police ou la loi. Sinon, c’est l’anarchie. »
Une aire toujours contestée localement
Si une enquête est en cours, aucun suspect n’a encore été identifié. Les oppositions continuent, notamment via l’association La Clare-Dariac, déboutée par le tribunal administratif de Toulouse. Son président, Patrick Chevilley, réagit ainsi :
« Il [le préfet] porte un jugement sans appel sur ‘certains riverains’ qu’il accuse d’être les auteurs de ces dégradations, même s’il ne met pas directement en cause les membres de l’association La Clare-Dariac, ce qui est heureux. »
Il signale aussi un autre fait troublant : « Une seconde caméra, un modèle de caméra de chasse, placée dans un peuplier. Par qui ? Je l’ignore. Quand je l’ai découverte, j’ai fait un signalement à la préfecture et aux renseignements généraux. Mon message a dû porter, car elle a été enlevée ce lundi 16 juin. »
À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageursPatrick Chevilley a également partagé son inquiétude sur l’état futur du terrain :« Ils ont chaulé la terre sur une quarantaine de centimètres. C’était une belle parcelle de luzerne. Après ça, on n’y plantera pas de carottes de sitôt. »
Et conclut : « Les gens du voyage, ce n’est pas ce qui m’inquiète le plus. »

