Gens du voyage sur un stade municipal : circulation paralysée, un village sous tension

Plus de 120 caravanes appartenant à des gens du voyage se sont installées le 7 juin 2025 sur le stade municipal du Mouton, à Marseille. Cette occupation jugée illégale a suscité une vive réaction des autorités locales, inquiètes des conséquences pour les riverains et les équipements publics. L’événement relance une nouvelle fois la question du manque criant d’aires d’accueil adaptées en France.

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Plus de 120 caravanes appartenant à des gens du voyage se sont installées le samedi 7 juin 2025, en pleine journée, sur le stade municipal du Mouton situé dans le 11e arrondissement de Marseille. Cette occupation jugée illégale par la mairie n’a pas manqué de provoquer de fortes tensions. Le maire de secteur appelle à une mobilisation rapide face à cette situation qui paralyse la circulation et inquiète les habitants du quartier.

Des dispositifs de sécurité contournés par les gens du voyage

Sylvain Souvestre, maire des 11e et 12e arrondissements de Marseille (LR), n’a pas caché sa vive colère face à l’installation inattendue des gens du voyage sur le stade municipal du Mouton, un site qu’il avait pourtant sécurisé précisément pour éviter ce type de situation.

 » J’avais mis des portails anti-intrusions, car auparavant, on a déjà subi des installations sauvages et on a mis plus de cinq ans à les déloger. Mais ils les ont contournés en passant par un tout petit chemin de la commune voisine« , explique l’élu au micro de France 3 Paca.

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La petite commune concernée n’est autre que La Penne-sur-Huveaune. En fin de matinée, l’arrivée en file indienne d’environ 120 caravanes a totalement paralysé le centre-ville pendant plus de deux heures.

Le convoi, particulièrement impressionnant, a emprunté l’autoroute A50 avant de s’engager, lentement et par petits groupes, dans les rues de la ville, provoquant un vaste embouteillage.

Une scène qui n’a pas échappé aux automobilistes ni aux riverains, comme le rapportent nos confrères de La Provence.

Une tentative de dialogue rapidement tendue sur place

Arrivé rapidement sur les lieux, Sylvain Souvestre tente un dialogue avec le responsable du groupe de gens du voyage.

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« J’ai tenté de discuter avec leur chef, mais rapidement le ton est monté, heureusement des équipages de la police nationale sont arrivés rapidement et ont pu éviter que la situation dégénère« , a-t-il déclaré.

Une intervention policière encadrée par la préfecture

La préfecture, informée de l’occupation illégale des gens du voyage, a confirmé à France 3 PACA que « des forces de police ont été dépêchées sur place« . Et de rappeler : « Les décisions d’évacuation répondent à un cadre procédural précis« .

Du côté de la mairie de Marseille qui gère le stade du Mouton actuellement occupé par les gens du voyage, Sylvain Souvestre déplore « le silence de Benoît Payan, et de l’élu à la sécurité, Yannick Ohanessian, qui n’ont pas répondu aux appels et messages, et que la police municipale se soit déplacée tardivement et soit restée à l’entrée« .

Interrogés par France 3 PACA, les services de communication de Benoît Payan ont renvoyé les journalistes vers une publication d’Audrey Garino sur les réseaux sociaux.

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Adjointe au maire de Marseille en charge des affaires sociales, de la solidarité, de la lutte contre la pauvreté et de l’égalité des droits, cette dernière a pris la parole sur le réseau X, rappelant que la gestion des aires d’accueil destinées aux gens du voyage relève de la compétence de la Métropole.

« L’accueil des gens du voyage dépend de la métropole, défaillante et régulièrement condamnée par la justice. La Ville a porté plainte immédiatement contre cette occupation et saisira le préfet pour trouver une solution respectueuse du droit et des personnes« .

Ce que dit la loi sur les aires d’accueil des gens du voyage

Depuis le 1er janvier 2018, c’est la Métropole Aix-Marseille-Provence qui a la charge, sur l’ensemble de son territoire, de l’aménagement, de la gestion et de l’entretien des aires d’accueil destinées aux gens du voyage ainsi que des terrains familiaux locatifs, conformément aux dispositions de la loi du 5 juillet 2000.

Selon cette législation, les communes de plus de 5 000 habitants « ont l’obligation de disposer d’une aire d’accueil » ou d’un espace de grand passage (article 1).

Un stade dégradé et des coûts importants en perspective

Sur les lieux, le président du club local de rugby s’est rendu pour constater l’occupation illégale des gens du voyage. Fort heureusement, aucune rencontre n’était prévue ce samedi.

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Toutefois, « c’est un stade qu’utilisent aussi les scolaires« , déplore Sylvain Souvestre, visiblement très remonté par la situation.

L’élu estime que « le coût de remise en état sera compris entre 300 et 600 000 euros » une fois les caravanes parties.

Une aire d’accueil jugée insuffisante à proximité

À seulement quelques centaines de mètres du stade du Mouton, une aire d’accueil réservée aux gens du voyage est pourtant accessible.

Mais selon le maire de secteur, « il reste de la place, pourquoi ne vont-ils pas là au moins en partie ? Ils refusent de se séparer. La ville de Marseille ne propose rien aux gens depuis cinq ans, aucun lieu« .

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Cette problématique ne se limite pas à Marseille. Des cas similaires ont récemment été signalés à L’Isle-sur-la-Sorgue et à La Ciotat.

Sur ses réseaux sociaux, Sylvain Souvestre affirme avoir discuté personnellement avec le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui « l’a informé s’occuper personnellement du sujet. Une réunion aura lieu la semaine prochaine à son ministère avec d’autres élus sur ce sujet, afin de durcir fortement les sanctions contre les occupations illicites avec son souhait de déposer rapidement un projet ou une proposition de loi à l’issue de cette entrevue où sera présentée une synthèse des propositions« , précise-t-il.

En parallèle, une plainte a été déposée par la mairie de Marseille et par le maire de secteur contre cette installation jugée illégale.

Un manque criant de places d’accueil à l’échelle nationale

On estime à environ 150 000 le nombre de personnes en France vivant de manière itinérante dans des résidences mobiles.

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Or, pour répondre à ces besoins, quelque 30 000 places de caravane seraient nécessaires, alors que seulement 8 000 emplacements sont actuellement disponibles à travers le pays.

Comme le souligne le site officiel du gouvernement, « un effort pour la réalisation d’aires d’accueil des gens du voyage est donc nécessaire et justifie qu’un dispositif spécifique soit mis en place dans chaque département de façon coordonnée et en fonction des besoins recensés« .


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