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L’ouverture de la toute première aire de camping-car à Cergy, prévue sur l’emblématique île de loisirs de Cergy-Pontoise, ne verra finalement pas le jour comme prévu. Le projet, qui devait offrir 33 places de stationnement camping-car dans le Val-d’Oise, a été annulé suite à une décision de l’architecte des Bâtiments de France (ABF). Ce dernier a opposé une fin de non-recevoir, jugeant que le chantier portait atteinte à un site protégé, en l’occurrence le secteur patrimonial entourant l’église Saint-Christophe de Cergy.
Un projet ambitieux pour les camping-caristes d’Île-de-France
L’initiative était pourtant ambitieuse : dans une région où les infrastructures pour camping-caristes sont rares, le projet d’aménagement d’une aire de camping-car sur l’île de loisirs visait à répondre à une demande croissante du tourisme en camping-car et de la tendance vanlife en Île-de-France.
Mais le terrain choisi, situé entre un restaurant et un complexe sportif, se trouvait dans le périmètre de protection du patrimoine classé de l’église Saint-Christophe, un édifice du XIIe siècle.
« Il a estimé que nous avions dégradé un terrain qui était dans le périmètre de l’église du village », confirme Fabien Franc, le directeur de l’île de loisirs.
À lireDordogne : Un gérant suspecté de vendre 70 camping-cars sans payer les propriétairesDepuis l’aire de loisirs de Cergy-Pontoise, il est difficile de distinguer le clocher de cette église tant il est masqué par la végétation.
Pourtant, la carte est claire : le secteur est inscrit dans une aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (Avap), ce qui impose des restrictions strictes en matière d’urbanisme. Selon l’ABF, le projet aurait contribué à l’artificialisation d’un espace naturel présent dans cette zone sensible.
Un projet recalibré pour mieux respecter les contraintes patrimoniales
Ce refus est un véritable coup dur pour l’île de loisirs et les élus locaux. Après trois ans d’études et de préparation, et un budget estimé à 331 000 euros avec le soutien de la Région et du Département, le projet est retourné à la case départ.
Thibault Humbert, président de l’île de loisirs, reconnaît la nécessité de revoir entièrement l’emplacement afin de respecter les contraintes patrimoniales. « On repart de zéro », maugréait-il.
Un nouvel emplacement est désormais à l’étude, toujours sur le site de l’île de loisirs. Il pourrait être situé sur un ancien parking, évitant ainsi toute dégradation de zones naturelles sensibles. Une nouvelle demande sera déposée, cette fois en concertation plus étroite avec l’architecte des Bâtiments de France pour s’assurer de sa faisabilité.
À lireHausse de la fréquentation sur l’aire de camping-cars« On travaille sur un nouveau projet avec une aire de camping-car qui serait implantée sur un ancien parking. On va déposer un nouveau dossier en s’assurant au préalable que l’Abf est d’accord… », confirme Thibault Humbert.
Un enjeu plus large pour le tourisme en camping-car dans le Val-d’Oise
Au-delà de l’enjeu local, ce refus met en lumière la complexité des projets d’urbanisme en lien avec le patrimoine classé. Il souligne également l’urgence pour le Val-d’Oise de proposer une offre structurée d’accueil pour les camping-caristes, tant français qu’européens.
Avec ses sites touristiques remarquables comme Auvers-sur-Oise ou la Roche-Guyon, le département pourrait devenir une étape idéale pour le tourisme en camping-car.
En attendant un nouveau feu vert, les adeptes du voyage itinérant devront patienter encore avant de pouvoir stationner sur ce vaste espace vert du nord-ouest francilien.
À lireUn jeune dentiste transforme son camping-car en cabinet dentaire itinérant pour aider les personnes dans le besoin.Une chose est sûre : l’aire de camping-car annulée à Cergy ne signe pas la fin du projet, mais bien un nouveau départ adapté aux réalités du patrimoine et du site protégé urbain.

