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Les ralentisseurs sont depuis longtemps l’un des dispositifs les plus courants pour faire respecter les limitations de vitesse en agglomération. Pourtant, leur présence massive et leur mise en œuvre souvent hors des clous suscitent de plus en plus de critiques. En parallèle, une solution inédite émerge : un nouveau marquage au sol censé inciter les automobilistes à lever le pied. Mais cette alternative peut-elle réellement remplacer les dos d’âne traditionnels ? Rien n’est moins sûr.
Vers la fin des ralentisseurs en France ? Une alternative controversée fait débat
Aux États-Unis, la ville de Montgomery, en Pennsylvanie, teste actuellement un dispositif surprenant : des lignes jaunes et blanches en zigzag peintes sur la chaussée dans un quartier résidentiel.
Ce nouveau marquage au sol est censé désorienter légèrement les conducteurs et les inciter à ralentir naturellement, sans recours à des installations physiques comme les ralentisseurs classiques.
Mais sur place, les réactions sont mitigées. Certains riverains s’en amusent, d’autres dénoncent un dispositif inefficace, voire ridicule.
À lireDordogne : Un gérant suspecté de vendre 70 camping-cars sans payer les propriétaires« Je pense que c’est ridicule. Je ne vois pas en quoi ça va ralentir la circulation« , estime William King, l’un des riverains interrogés par CBS.
Les critiques fusent également sur les réseaux sociaux, où beaucoup pensent à une mauvaise blague. Il faut dire que le marquage a été peint fin mars, juste avant le 1er avril…
Un changement confirmé par les autorités locales
Les autorités locales assurent pourtant que cette initiative répond à une réelle demande de sécurisation. Des chicanes urbaines, des panneaux de signalisation et des plots en plastique viendront prochainement compléter ce dispositif, dont l’efficacité reste à démontrer.

« De nouvelles lignes ont été peintes sur Grays Lane, avec une signalisation et l’installation de chicanes. Ces mesures de modération de la circulation sont mises en place suite aux nombreuses plaintes et inquiétudes des résidents concernant le « circuit » qu’est devenue Grays Lane. Elles ont été longuement discutées avec nos ingénieurs de la circulation, nos agents de sécurité routière et nos services des travaux publics« , a posté la police locale depuis sa page Facebook offiielle.
Des dos d’âne de plus en plus remis en question en France
En France, la situation autour des ralentisseurs est devenue un sujet de discorde. D’après la Ligue de défense des conducteurs et l’association Pour une mobilité sereine et durable (PUMSD), près de 90 % des 450 000 ralentisseurs installés sur le territoire seraient non conformes à la réglementation en vigueur.
Le décret du 27 mai 1994 encadre en effet strictement leur implantation : hauteur maximale de 10 cm, longueur précise, pose uniquement dans les zones 30 km/h, éloignement minimum des virages, tunnels ou ponts, etc.
Or, de nombreuses municipalités auraient ignoré ces règles au profit de recommandations moins contraignantes. Il en résulte des ralentisseurs non conformes, souvent trop hauts, mal signalés, posés dans des zones à fort trafic ou sur des axes non adaptés, causant parfois des dommages aux véhicules.
La justice saisie, des destructions déjà en cours
Face à ces abus, des recours juridiques se multiplient. Dans le Var, plusieurs communes comme Solliès-Pont ou La Farlède ont commencé à démolir des ralentisseurs jugés illégaux, suite à des décisions du tribunal administratif.
À lireHausse de la fréquentation sur l’aire de camping-carsLe Conseil d’État, saisi en dernier recours, devra trancher d’ici fin 2025 : si la jurisprudence confirme que la non-conformité constitue une atteinte à l’intérêt général, de nombreux ralentisseurs pourraient être supprimés à l’échelle nationale.
Mais leur suppression soulève une autre problématique : comment assurer la sécurité routière sans ces dispositifs physiques ? C’est là que les alternatives aux dos d’âne, comme le marquage au sol innovant, prennent tout leur sens.
Une transition encore incertaine pour justifier la suppression des dos d’âne
Si la France venait à abandonner les ralentisseurs traditionnels, il faudrait trouver un équilibre entre efficacité, acceptabilité sociale et conformité réglementaire.
Les radars pédagogiques, les aménagements visuels 3D, les marquages au sol anti-vitesse ou encore les solutions de modération de la circulation sont autant de pistes explorées… mais pas encore généralisées.
À lireUn jeune dentiste transforme son camping-car en cabinet dentaire itinérant pour aider les personnes dans le besoin.Le débat est loin d’être clos. Supposons que les dos d’âne vivent réellement leurs dernières années sous leur forme actuelle, leur remplacement reste un défi majeur en matière de sécurité routière. Le nouveau marquage au sol expérimenté dans la ville de Montgomery, aussi original soit-il, n’a pas encore prouvé son efficacité sur le terrain.

