Expulsion imminente dans l’Eure : 40 caravanes de gens du voyage priées de quitter les lieux près de Louviers

Occupation illégale près de Louviers : la préfecture ordonne l’expulsion de 40 caravanes à Acquigny.

Analyse IAavec
Voir le sommaire Ne plus voir le sommaire

À Acquigny, une petite commune située près de Louviers dans l’Eure, la tension monte. Près de 40 caravanes de gens du voyage installées illégalement depuis juin 2025 sur le terrain communal du Bigachon vont devoir quitter les lieux. La préfecture a pris un arrêté d’expulsion, et le départ est désormais inévitable.

Une quarantaine de caravanes des gens du voyage occupe illégalement l’espace du Bigachon, près de Louviers

Le lundi 1er septembre 2025, un arrêté de mise en demeure d’évacuer l’espace du Bigachon a été signé par le préfet de l’Eure. Celui-ci a été notifié à la communauté concernée le lendemain, leur laissant 48 heures pour partir.

Sans départ volontaire dans le délai imparti, « les forces de l’ordre mettront en application l’arrêté et amèneront le groupe à quitter les lieux. »

À lirePeut-on vraiment acheter un camping-car solaire Dacia à moins de 20 000 € en Europe ?

« Si la commune d’Acquigny se montre accueillante et ne refuse jamais le passage des gens du voyage, la tranquillité des Acquigniciens reste néanmoins la priorité de la municipalité, explique le maire Patrick Collet par le biais d’un communiqué de presse. La municipalité comprend la légitime exaspération des riverains, confrontés à des nuisances et à un sentiment d’insécurité. Elle rappelle cependant que l’action de la puissance publique doit toujours s’exercer dans le respect de la dignité des personnes concernées. »

« Depuis qu’ils sont là, on n’est plus chez nous ! »,

Au micro de La Dépêche de Louviers, l’édile donne plus de détails au sujet des nuisances sonores et des dégradations causées par cette installation illicite de la communauté.

Les « riverains se sont plaints, il y a même eu des altercations. Les habitants se plaignent de musique forte jusqu’à 3 h du matin, de tags, d’excréments sur le chemin de randonnée Saint-Lambert, qui est impraticable maintenant. Le grillage qui fermait les jeux pour enfants a même été défoncé au pied de biche. »

Comme si cela ne suffisait pas, « ils ont (encore) pris l’espace du Bigachon qui doit servir normalement aux enfants de la commune. Dans la rue qui y amène, j’ai des travaux d’assainissement qui doivent commencer lundi 8 septembre, mais je ne peux même pas installer la base de vie du chantier. En fait, depuis qu’ils sont là, on n’est plus chez nous ! », déplore Patrick Collet, qui indique avoir « personnellement » solliciter « le préfet de l’Eure, Charles Giusti, et le président de l’Agglomération Seine-Eure, Bernard Leroy, « pour (avoir) de l’aide ».

« On pense que c’est nous les sauvages, mais c’est faux ! »

Face à ces accusations, un représentant de la communauté, qui souhaite rester anonyme, a souhaité réagir. Il explique que leur présence à cet endroit est avant tout une solution par défaut, faute de places disponibles :

À lireVans aménagés ou camping-cars : chaque véhicule attire des profils de clients bien différents

« Ça ne nous amuse pas de nous installer là où on n’a pas le droit. Mais il n’y a de place nulle part ailleurs, tout est plein ! »

Il est d’ailleurs venu en mairie demander un délai. « Je leur ai dit non », répond sans détour le maire de la commune. « Quand il y aura l’arrêté, on va partir, mais pour aller où ? Je ne sais pas. Ça va repousser le problème autre part », poursuit celui qui regrette que sa communauté soit (à chaque fois) « mise à l’écart ».

Quant aux dégradations, il dément fermement : « Ce n’est pas nous ! Dès qu’il y a un problème, ça retombe sur les mêmes. La musique tard dans la nuit, c’était les riverains. Les tags, on a passé l’âge. Notre objectif n’est pas de mettre le bazar alors qu’on est déjà mal vus. On pense que c’est nous les sauvages, mais c’est faux ! »

À lirePrès de Rouen, une aire de camping-car entièrement rénovée séduit les voyageurs

« La commune poursuivra son engagement pour concilier respect du droit, sérénité du voisinage et dignité humaine », tenait toutefois à souligner l’élu. Il met un point d’honneur à ce que « les familles soient accompagnées vers une solution d’accueil adaptée, que les riverains retrouvent rapidement la tranquillité et la sécurité et que la propreté et l’état du site soient rétablis sans délai ».


Partagez cet article maintenant !