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L’examen du Code de la route, censé être un gage de sécurité pour tous les usagers de la route, est aujourd’hui victime d’une fraude massive. Ce fléau aurait débuté « depuis l’externalisation de l’examen en 2016 », rapporte Le Parisien. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, plus de 40% des candidats sont impliqués dans cette « fraude aux tests du Code de la route ».
La privatisation et la montée de la fraude au Code
Ces pratiques frauduleuses ont commencé à prendre de l’ampleur avec la privatisation des centres d’examen. Depuis 2016, l’organisation de cette épreuve avait effectivement été confiée à huit opérateurs privés dont La Poste, Dekra, Exacode, France Code, ObjectifCode, Pointcode, My Easy Code et Code’nGo!.
« Nous savons que lorsque c’était l’administration qui faisait passer l’examen, la fraude était presque inexistante », assurait Simon Bergue, secrétaire général du Syndicat national des inspecteurs Snica FO.
À lireHausse de la fréquentation sur l’aire de camping-cars« En 2016, face à l’urgence du manque de places, l’État a confié l’examen du code de la route à des opérateurs agréés privés. Mais comme toute entreprise privée, leur objectif c’est d’être rentable. Les rares cas de fraude ont alors pris une ampleur importante », explique Damien Mascaras, secrétaire général adjoint et délégué régional des Pays de la Loire au SNICA-FO.
Code de la route : « 40% de fraude, c’est un chiffre du ministère de l’Intérieur »
« 40% de fraude, c’est un chiffre que nous tenons du ministère de l’Intérieur. C’est un chiffre énorme mais qui ne nous surprend pas au regard de ce qui se pratique aux examens et de ce que voient les moniteurs », déplore Philippe Detarkeet du syndicat Snica FO.
« Nous voudrions un retour de l’examen du code de la route dans le giron public. Il faudrait à peu près 90 inspecteurs du permis de conduire pour pouvoir faire tous ces examens », revendique Simon Bergue.
Jusqu’à 7000 examens annulés…
Conséquence, relaie Le Parisien, « 7 000 examens ont été annulés pour fraude l’an dernier et 83 centres agréés fermés ».
Selon les informations du quotidien francilien, le Code de la route peut s’acheter contre quelques centaines d’euros « 100, 200 ou 300 euros ». Nos confrères parlent d’«une fraude à grande échelle que les autorités peinent à endiguer ».
Retrait du permis aux candidats qui trichent…
« On est amenés à rechercher les fraudeurs sur plusieurs années. Donc on peut retirer les permis à des candidats qui ont obtenu leur code de manière frauduleuse, deux ou trois ans après l’obtention du permis« , dévoile Pierre Barbera, Directeur de la direction départementale des territoires (DDT) de la Drôme.
À lireUn jeune dentiste transforme son camping-car en cabinet dentaire itinérant pour aider les personnes dans le besoin.« Il ne se passe pas une journée sans qu’on tombe sur un code louche. On estime que 40 % sont obtenus frauduleusement. Un chiffre que le ministère n’a pas démenti », confirme Damien Mascaras, secrétaire général adjoint et délégué régional Pays de la Loire du SNICA-FO.
« Il y en a qui sont obtenus sur internet mais sont rapidement épinglés puisque les candidats ne sont pas inscrits dans le logiciel. Là, on trouve parfois des papiers rigolos, très grossiers. D’autres sont plus difficiles à repérer car des opérateurs, de mèche avec les candidats, font remonter leur examen, validé le plus souvent en région parisienne. Certains centres trempent aussi dans d’autres trafics, drogue et blanchiment d’argent. », détaille-t-il auprès de Ouest France.

