Perte de points de permis : peut-on déclarer un autre conducteur sans risque ?

S'il est tentant de le faire, que ce soit par un arrangement familial ou même par l'achat de points sur le marché noir, de nombreux conducteurs empruntent cette voie. Mais que dit la loi à ce sujet et quels sont les risques encourus ?

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Pour éviter une perte de points de permis, déclarer un autre conducteur n’est pas sans risque. Que ce soit l’auteur de la fausse déclaration ou la personne qui accepte de prendre sa place, par empathie ou contre rémunération, tous deux encourent les mêmes sanctions. Voici ce que dit la loi sur le sujet.

Permis de conduire : combien de points risquez-vous selon l’infraction ?

Depuis son introduction en 1992, chaque infraction peut entraîner une perte de points sur un permis de conduire dont le nombre dépend de sa gravité. Voici un récapitulatif des sanctions applicables en France :

Infractions liées à l’alcool et aux stupéfiants

  • Alcoolémie entre 0,5 et 0,8 g/L de sang : 6 points
  • Alcoolémie supérieure à 0,8 g/L ou état d’ivresse manifeste : 6 points
  • Récidive d’alcoolémie > 0,8 g/L : Annulation du permis
  • Refus de dépistage alcool ou stupéfiants : 6 points
  • Conduite après usage de stupéfiants : 6 points
  • Récidive de conduite sous stupéfiants : Annulation du permis

Attention : Pour les jeunes conducteurs en permis probatoire, la limite est de 0,2 g/L de sang.

Excès de vitesse et contrôles routiers

  • Inférieur à 20 km/h : 1 point
  • Entre 20 et 30 km/h : 2 points
  • Entre 30 et 40 km/h : 3 points
  • Entre 40 et 50 km/h : 4 points
  • Au-delà de 50 km/h : 6 points
  • Usage d’un détecteur de radar : 6 points

Infractions de circulation et stationnement

  • Franchissement de ligne continue : 3 points
  • Dépassement dangereux : 3 points
  • Non-respect des distances de sécurité : 3 points
  • Non-respect d’un feu rouge, d’un stop ou d’un cédez-le-passage : 4 points
  • Non-respect de la priorité aux piétons : 6 points
  • Usage du téléphone en conduisant : 3 points
  • Infractions liées au véhicule et à l’équipement
  • Non-port du casque à moto : 3 points
  • Non-port de la ceinture de sécurité : 3 points
  • Vitres avant non conformes à la réglementation : 3 points

Délits routiers

  • Conduite malgré une suspension ou rétention du permis : 6 points
  • Blessures involontaires causées à un tiers avec interruption de travail : 6 points

Perte de points de permis : déclarer un autre conducteur à votre place pour éviter la sanction n’est pas sans risque

Avec la multiplication des radars automatiques ces dernières années, les verbalisations avec perte de points sur le permis de conduire ne cessent de s’accentuer.

Rien qu’en 2010, les autorités routières ont retiré pas moins de 10 millions de points, contre 1,1 million en 1993.

Face à cela, certains automobilistes, voulant éviter cette perte de points de permis, n’hésiteraient pas à déclarer un autre conducteur à leur place, une pratique qui n’est, de toute évidence, pas sans risque.

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Au-delà des arrangements entre proches, un véritable marché parallèle s’est structuré autour du trafic de points de permis. Sur le marché noir, ces points s’échangeraient à des tarifs variant entre 150 et 500 €.

15 000 € d’amende, 6 mois de prison… Les sanctions liées à la fausse déclaration

Si donc la justice parvient à prouver que vous étiez effectivement au volant de votre véhicule et non la personne que vous avez désignée, les sanctions sont sévères.

« Est puni de six mois d’emprisonnement et 15 000 € d’amende le fait, par l’auteur d’une contravention entraînant retrait de point du permis de conduire, de proposer ou de donner une rémunération à une personne pour qu’elle accepte d’être désignée comme conducteur du véhicule dans la requête en exonération ou la réclamation présentée dans les conditions prévues au b du 1° de l’article 529-10 du code de procédure pénale« , selon l’article L 223-9 du Code de la Route.

Quelles sanctions pour les récidivistes ?

En cas de récidive, les sanctions s’alourdissent encore :

  • Une amende de 30 000 €
  • Une peine d’emprisonnement jusqu’à 1 an
  • Une suspension du permis de 3 ans au plus
  • Une obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou d’effectuer des travaux d’intérêt général
  • Une interdiction formelle de conduire certains types de véhicules à moteur, même les véhicules dits « sans permis »

Attention : La même peine s’applique si la personne a été recrutée par le biais d’un message destiné au grand public, comme un groupe WhatsApp, Telegram, Instagram, etc.


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